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Sanitas : paroles d’habitant-es

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Dans les semaines qui ont précédé la projection du film Quartier de mémoire au Centre de vie du Sanitas, le collectif D’ailleurs nous sommes d’ici (DNSI) a recueilli la parole d’habitant-es du quartier. Florilège de réponses à la question : « Comment habitez-vous le quartier ? ».

Eve, 60 ans

« J’habitais place Saint Paul. C’était des supers apparts et maintenant ils m’ont virée pour raser. Jamais je n’ai été agressée. Franchement le bordel qu’il y a en bas, il va se déplacer, c’est pas le problème. C’est quoi le problème ? C’est le pognon. Le quartier il est à côté de la gare, à une heure de Paris, là où les gens ne peuvent plus se loger. »

Sébastien, 45 ans

« Les gens extérieurs au quartier disent du mal de nous. Nous, on vit bien ensemble, entre voisins, on est pas obligés de devenir copains, mais on se dit bonjour, on s’entraide, on se respecte. C’est vrai qu’il y a des trucs qui déconnent comme les motos qui font du rodéo. Le problème c’est que ça va mal finir. Ils finiront par blesser quelqu’un ou se faire parechoquer par les flics et ça sera l’embrasement du quartier. »

Ian-Wisdom, 7 ans

« Moi je me sens bien ici. Je suis arrivé d’Afrique il y a un an. Ici je joue, je me fais des copains à l’école et j’adore. »

Antoine, 25 ans

« J’habite ici depuis deux ans. C’est un quartier agréable, il y a de l’animation. Des fois il y a un peu de bruit le soir mais je préfère ça aux quartiers qui sont morts. Les seuls trucs qui me choquent, c’est le manque de propreté et qu’on nous traite pas bien parce qu’on habite ici. »

Kenza, 49 ans

« Moi j’ai grandi au Sanitas. Depuis plus de 40 ans, je me suis toujours bien sentie dans mon quartier. Y a pas plus de délinquance qu’ailleurs. Par contre c’est dommage, ils vont démolir les logements sociaux pour mettre des choses qu’on pourra pas se payer, pour mettre des riches à la place et mettre les pauvres à galérer plus loin. »

Marie-Jeanne, 63 ans

« C’est le bordel !! Moi je suis venue ici fin 75. Au début, c’était pire que ça. On pouvait pas sortir derrière, cité blanche [1]. C’était vraiment craignos mais moi je n’ai jamais eu peur de rien. Mais c’est bizarre, j’ai peur maintenant. Avant je connaissais tous les jeunes. Place Saint Paul faut pas me toucher. Je leur dis bonjour, je les méprise pas. L’autre jour y en a un qui m’a porté mes courses. »

Inconnue, retraitée

« Le quartier s’est dégradé. J’y habite depuis plus de 40 ans. C’est sale, il y a des ordures partout. Les gens jettent même du pain. Quand on a connu la guerre, on ne peut pas comprendre ça. Je me dis que c’est une question d’éducation ou de culture. Il y a beaucoup de gens qui viennent d’ailleurs ici. »

Tanyouche, 8 ans et Nini, 9 ans

« C’est bien, y a plein de choses à faire, on peut jouer, il y a des écoles, y a des sports. En fait, il y a tout. On peut vivre avec tout ça. »

Wilfried, 39 ans

« Moi j’habite le quartier comme dans un village. Ça fait 35 ans et pour moi c’est un village dans la ville. »

Inconnu, 17 ans

« Je ne suis pas né ici, je n’ai pas vu le quartier grandir mais j’ai fini de grandir ici et j’aimerais bien que d’autres y grandissent. »

Vanessa, 39 ans

« Il y a du plus et du moins. Plein de cultures qui se mélangent, un « melting pot » de tous horizons ! Mais il y a aussi un manque de civisme, des gens qui roulent trop vite, qui parlent trop fort, qui salissent... Après, les gens d’ailleurs ont une image trop négative. Moi, j’habite ici depuis plus de six ans, l’âge de mon fils, et je m’y sens bien, je suis contente qu’il grandisse dans cet environnement vivant. Si on est sympa avec les gens ils sont sympas en retour. »



Notes

[1Le surnom de « cité blanche » est lié à la consommation d’héroïne qui a frappé le quartier au début des années 80.

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