Près d’une centaine de personnes étaient présentes ce mercredi 30 janvier en fin d’après midi, dans un amphi de l’Université de Tours, pour discuter des modalités de mobilisation contre les différentes réformes qui affectent le secteur de l’éducation. Cette année 2 600 postes ont été supprimés dans l’Éducation nationale, l’année prochaine 5 000 suppressions de postes sont encore annoncées.
Aux lycées de l’agglomération tourangelle (tous représentés) se sont ajoutés des représentants du lycée d’Amboise et de certains lycées professionnels (Martin Nadaud, A. Bayet et D’Arsonval) et agricoles (Fondettes), ainsi que des enseignants de quelques collèges, quelques enseignants du primaire, et aussi des représentantes du corps des PsyEN (anciens COP, conseillers d’orientation et psychologues).
Ils ont pu faire état de la mobilisation soutenue des équipes dans leurs établissements depuis plusieurs semaines parfois, alors que se tiennent des réunions d’information (Parcoursup, portes ouvertes...), ou des Conseils d’administration où sont massivement rejetées les répartitions horaires pour 2019.
Dans les établissements professionnels, la réforme donnera toutes ses implications l’année prochaine en termes de suppressions de postes. Dans certains lycées, des phénomènes d’augmentation d’effectifs masquent largement la diminution des moyens et les réelles pertes horaires d’enseignement.
Les psyEN, elles, ont insisté en particulier sur la fermeture prochaine des CIO (centre d’information et d’orientation) ce qui marque un changement margeur dans l’aide pour l’orientation des élèves qui repose désormais presque entièrement sur les professeurs principaux (personnels non formés à cette charge et qui ont bien d’autres fonctions dans un établissement scolaire). Et avec surtout comme consigne de ne pas inquiéter les parents d’élèves…
Des enseignants présents ont souligné aussi les phénomènes de maltraitance institutionnelle d’élèves liés aux différentes réformes du système scolaire : vers une fermeture des IME (et donc une inclusion totale des élèves qui en relèvent en grande difficultés dans des classes ordinaires) [1], une réduction des places en classes ULIS [2] ; vers des parcours d’apprentissage qui sont déconnectés de tout diplôme et qui marquent désormais la volonté d’une employabilité immédiate de jeunes qui n’auront que des « niveaux de compétences » (évaluations déjà mises en place par blocs de compétences pour certaines formations de BTS). Les perspectives sont claires…
L’assemblée générale, qui a duré plus de deux heures et demie, a ensuite discuté des différents modes d’actions qui étaient envisagés dans les établissements afin de les centraliser et de les proposer à tous. Charge aux assemblées générales d’établissement de se positionner, d’envisager concrètement leurs modalités de mise en place.
A titre d’exemple, ont été discutés et votés :
- le boycott des épreuves blanches de préparation des examens ;
- le boycott des TPE et la rétention des notes ;
- les réunions d’informations vers les parents d’élèves ;
- la rétention des notes sur les bulletins ;
- l’interpellation des élus ;
- la diffusion d’information aux différentes portes ouvertes ;
- le refus d’assurer des heures supplémentaires l’an prochain ;
- la démission des personnels élus dans les différentes instances (Conseil d’administration, conseils pédagogiques) ;
- la démission des professeurs principaux ;
- l’organisation de différentes manifestations ;
- la participation au mouvement de grève du 5 février ;
- l’interpellation du Directeur académique des services de l’Éducation nationale (DASEN).
Une première demande de rencontre des représentants de tous les lycées avec le DASEN a été formulée la semaine dernière par les organisations syndicales. Il n’a pour l’instant pas donné suite.