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Manifestation des gilets jaunes : des heures d’affrontements et de nombreux blessés

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La répression de la manifestation organisée en centre-ville de Tours a fait de nombreuses victimes ce samedi 1er décembre. Un manifestant a eu la main arrachée, plusieurs ont dû être hospitalisé-es ou pris-es en charge par les pompiers.

  • Réaction de la préfecture et de la mairie

    Pour justifier le déchaînement de violence, la préfecture, par la voix de Ségolène Cavaliere, directrice de cabinet de la préfète, parle de « casseurs » : « Nous allons ouvrir une cellule judiciaire dès lundi, pour travailler notamment à partir de la vidéosurveillance et identifier les casseurs ». Bouchet, lui-même, a condamné « les débordements de quelques dizaines de casseurs ». Manque de bol pour eux, même la presse mainstream ne leur donne pas raison : même Info-tours, que l’on peut difficilement taxer de militantisme anti-flics, le dit clairement : « Il n’y avait pas de casseurs à proprement parler ».

  • Premier bilan de la journée

    Aux dernières informations, ce sont au moins 9 personnes qui ont été interpellées durant la journée d’hier. Un bilan à ajouter aux 10 personnes placées en garde à vue (dont 8 mineurs) lors de la manifestation lycéenne de la veille.

    Un bilan de la Préfecture évoque 35 blessés : 20 manifestants et 15 policiers. Parmi les street medics on évoque plutôt, pour la période 14h-18h30, une trentaine de blessés rien que pour les manifestants. Alors que l’on est sans nouvelles du manifestant ayant perdu sa main, une des deux personnes blessées aux testicules est sortie de l’hôpital dans l’après midi.

La brasserie du Palais transformée en centre de soins pour que les pompiers débordés prennent en charge les victimes de la police. Des tirs de flashball qui blessent des adolescents au visage. Une main arrachée. Des déflagrations de grenades entendues jusqu’à Saint-Pierre-des-Corps. Pour le deuxième samedi d’affilée, et au lendemain de la répression violente d’une manifestation lycéenne, les flics de Tours se sont déchainés et ont donné à voir des scènes hallucinantes.

Après s’être rassemblées devant la gare de Tours à 14h, plusieurs centaines de personnes arborant des gilets jaunes ou non se sont rendus place Jean Jaurès en scandant « Macron démission », ou « Rendez-nous l’ISF ». Sur la place, le dispositif policier était déjà organisé, et les manifestant-es ont directement été accueillis à coups de gaz lacrymogène. De 14h15 à 18h, charges, tirs de grenades en tous genres et de LBD 40 ont fait de très nombreuses victimes, les manifestant-es refusant de dégager la place malgré la violence et les tirs répétés de la police. Certain-es ont répliqué avec ce qui leur tombait sous la main : verre, mobilier urbain, pavés, etc. La détermination des manifestants faisait grossir les rangs et vers 16h, ce sont 1 300 personnes qui stationnaient place Jean Jaurès.

A 18h30, le haut de l’avenue de Grammont était encore sous les tirs de flashball et de lacrymo. Il restait encore une grosse centaine de manifestants, entre un abribus détruit et des feux de poubelles. Un container à verre a été retourné par les manifestants et a servi de bouclier pour repousser les assauts policiers. A 19h, la place Jean Jaurès ressemble à une scène de guerre. Aux cris de « Macron démission », les manifestants continuaient à se battre pied à pied pour regagner du terrain sur des forces de l’ordre obligées de reculer. La BAC a procédé à des interpellations autour de 19h30. Plusieurs agences bancaires ont été attaquées.

Un homme a eu la main arrachée par une grenade, une femme a eu l’oreille déchirée par un tir de LBD, un autre tir a blessé gravement un adolescent à la mâchoire, deux hommes ont été blessés aux testicules, trois personnes ont été envoyées aux urgences pour détresse respiratoire... Des flaques de sang étaient visibles à différents endroits de la place entre le sapin de Noël et le bonhomme de neige illuminé. Malgré ce déchainement de violence, et sans aucun mot pour les victimes, le maire de Tours s’est d’abord inquiété, dans un communiqué, de la perturbation causée à « la préparation des Tourangeaux aux fêtes de Noël ».

La violence d’Etat monte d’un cran. Compte tenu des réactions vues et entendues, dur de croire qu’elle suffira à éteindre la colère qui s’exprime un peu partout.



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