En pleine canicule, la préfète d’Indre-et-Loire laisse des familles à la rue

« Nous ne pouvons rien pour eux ». Au premier soir de l’épisode caniculaire, les services de l’État ont refusé de prendre en charge des familles sans solution d’hébergement.

Le jeudi 26 juin 2019, cinq familles avec des enfants âgés de 1 à 3 ans, ainsi que des hommes seuls, tous sans solution d’hébergement, sont venus désespérément demander l’aide des associations.

Les membres du collectif Accueil Sans Frontières en Touraine se sont emparés du problème en alertant le 115 et les services de l’État. Parmi ces personnes, une famille serbe avec un fils en situation de handicap et des parents âgés et malades. Le 11 juin 2019, la justice avait condamné la préfecture à mettre à l’abri cette famille, qui représente un cas d’extrême urgence. Le collectif s’est étonné de voir la famille toujours sans solution et a alerté la DDCS [1], qui a ordonné au 115 de les héberger, ainsi qu’un homme seul. Les autres familles ont été dans l’obligation de passer la nuit dehors.

Les membres du collectif avaient réussi à trouver des chambres d’hôtel disponibles jusqu’à lundi, à des prix abordables, en centre-ville de Tours et pour toutes les familles. L’ASFT a demandé aux services de l’État de prendre en charge le règlement de la facture, ce qui lui a été catégoriquement refusé. Le 115 a préféré envoyer la famille serbe dans un hôtel à Parçay-Meslay (notons que la famille n’a pas de moyen de locomotion et doit se rendre à l’hôpital quasiment chaque jour) et la seule réponse possible pour les autres familles a été : « Si vous les envoyez à l’hôtel, il faudra payer la facture. Nous ne pouvons rien pour eux ».

Les mesures d’urgence prises pour faire face à l’alerte orange canicule sont visiblement insuffisantes. L’ASFT dénonce « un cas flagrant de non-assistance à personne en danger ».

Notes

[1Direction départementale de la cohésion sociale.


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