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Grève des cheminot-es : « Le gouvernement portera seul la responsabilité d’un conflit d’ampleur »

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Face au projet de « réforme » de la SNCF annoncé par le gouvernement, les cheminot-es de Tours sont entrés massivement en grève dès le 2 avril au soir.

La gare de Tours était presque vide ce matin. Quasiment aucun train à quai. Sur la voie A1, où stationne habituellement la navette reliant les gares de Tours et Saint-Pierre-des-Corps, une soixantaine de cheminot-es, essentiellement des adhérents et sympathisants du syndicat SUD Rail, était réunie à 10h pour quelques prises de paroles.

Ils ont ensuite rejoint le rassemblement organisé devant la direction régionale de la SNCF, rue Édouard Vaillant. Près de 500 personnes étaient présentes. Au micro, des représentants syndicaux ont rappelé leurs revendications et leurs propositions pour une autre réforme : reprise de la dette sans contreparties, maintien de la SNCF sous forme d’établissement public à caractère industriel et commercial (le gouvernement veut transformer l’entreprise en société anonyme), retour à la qualité de service, réintégration des activités externalisées, refus de la concurrence — jugée inadaptée aux contraintes techniques du ferroviaire et aux enjeux du service public —, maintien des droits des cheminots, et révision à la hausse de la convention de branche pour mettre fin au dumping social. Comme l’a souligné un responsable CGT :

« Ce sont des propositions alternatives concrètes. Le gouvernement portera seul la responsabilité d’un conflit d’ampleur. »

La parole a été donnée au directeur de région, qui a cru bon d’expliquer que « ce qui est important, c’est de préparer notre entreprise à la concurrence ». Cette affirmation lui a valu d’être copieusement hué et sifflé. Un délégué SUD Rail a également pris la parole :

« Le chemin de fer c’est pas fait pour être rentable, c’est un service public. Les hôpitaux, les facs, c’est des services publics, c’est pas fait pour être rentable. On lâchera rien. (...) Dire qu’on va passer en société anonyme et que l’État gardera le contrôle, c’est de l’enfumage. (...) Ce qu’ils veulent, c’est nous imposer la précarité. On n’en veut pas. »

L’invitation faite au directeur régional de reprendre la parole pour s’expliquer sur la manière dont les organisations mises en place par la direction avaient « cassé le travail » a été saluée par un « Si c’est pour dire des conneries, vaut mieux qu’il ferme sa gueule », et des « Macron démission, Pépy au tapis ».

Les cheminot-es rassemblé-es et leurs soutiens ont ensuite manifesté en direction de la préfecture, où une délégation devait être reçue. Des prises de parole ont eu lieu devant les grilles du bâtiment. Une représentante du Collectif étudiant contre la loi Vidal a affirmé son soutien à la lutte menée par les cheminot-es ; un peu plus tard, en assemblée générale, les étudiant-es allaient voter le blocus reconductible de la faculté des Tanneurs. Seuls 10 % des TER circulaient le 3 avril en région Centre.



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