Se Connecter

Inscription

Francos Gourmandes, emplois aidés, police : compte-rendu du conseil municipal du 18 septembre

|

Compte-rendu illustré et subjectif du conseil municipal de la ville de Tours du 18 septembre 2017. Où il est aussi question de la fin de mandat du maire, de retombées médiatiques, de subventions, d’une nouvelle gauche plurielle et de concertation.

Ça démarre avec un peu de retard. Le maire donne lecture des pouvoirs. C’est émouvant, parce que c’est le dernier conseil municipal ordinaire de Serge Babary en tant que maire, vu qu’il a été élu sénateur le 24 septembre !

Le maire annonce la création d’un nouveau groupe, « Tours à Gauche » : Blanchet, Hamoudi, Jonathan, Maupuis, Texier, Oublal, Denis. C’est le grand retour de la gauche plurielle, des Verts au PCF en passant par le PS. Nouvelle émotion.

Autre nouveau groupe, « Les Démocrates » : David Chollet, Pierre Commandeur, Nicolas Gautreau. Responsable : Pierre Commandeur. Bon, eux c’est les macronistes.

Métropolisation

La première délibération consiste à approuver les nouveaux statuts de « Tours Métropole Val de Loire ». Ces statuts précisent les pouvoirs de la collectivité nouvellement créée. Et ils ne sont pas disponibles sur le site de l’agglomération... Commandeur regrette que la modification des statuts n’ait pas conduit à une meilleure représentation des élus de Tours au sein du conseil métropolitain. Babary répond qu’en 2020, le nombre de conseillers de la ville centre passera de 11 sur 55 à 37 sur 82.

Texier évoque la baisse des dotations de l’État et l’impact de cette baisse sur la capacité à mener « des politiques locales ambitieuses ». L’élu FN annonce que son groupe votera contre toutes les délibérations allant dans le sens de la métropolisation.

Restructuration urbaine en haut de la Tranchée

Le maire propose de revenir sur l’histoire de la Tranchée, dont le percement « s’est inscrit dans le cadre d’un vaste projet d’aménagement de notre ville par le roi Louis XV ». L’« opération de restructuration urbaine » qu’il veut réaliser place de la Tranchée couvre un « périmètre d’environ 16 000 m² et concerne un programme prévisionnel de constructions à édifier de l’ordre de 30 000 m² de surface de plancher ». Il est prévu :

  • la démolition reconstruction de l’école élémentaire Victor Hugo sur une partie des emprises foncières actuellement occupée par le parking-relais de la Tranchée ;
  • la reconstitution de l’offre en stationnement existante du parking-relais sur l’emprise restante sous la forme d’un parking silo plus compact et mieux intégré ;
  • la réalisation d’un programme mixte de 22 000 m² de constructions dédiées au logement et aux activités commerciales et de services.

Le maire parle d’ « un enjeu urbain essentiel », mais aussi d’ « un enjeu économique ». La consultation des aménageurs invités à présenter des projets s’étalerait sur la période septembre-mars 2018. L’opération s’étalerait jusqu’en 2025.

Gautreau tente une vanne un peu nulle sur le possible abandon par le maire de son mandat au bout de seulement trois ans. Ça tombe à plat. Ensuite il fait des mouvements avec sa bouche, mais rien de très intéressant n’en sort…

JPEG - 73.3 ko
Un facepalm, de l’anglais face (« visage ») et palm (« paume »), est un geste qui peut exprimer divers sentiments (honte, embarras, exaspération, consternation ou malheur), et qui consiste à se couvrir le visage ou les yeux avec la paume de la main pendant un bref instant.

Maupuy déplore l’absence de concertation, le maire a l’air de retenir une réponse pas très sympa. Elle évoque aussi la possibilité d’avoir là un « signal urbain fort ». Notez qu’un signal urbain est toujours « fort », il n’existe pas de signal urbain moyen ou faible. Souvent, dans l’esprit des élus, c’est une tour moche qui vise à se démarquer (du quartier voisin ou de la ville voisine) en montrant qu’on est vachement ambitieux du point de vue architectural.

Pour la concertation, le maire répond qu’il vient de présenter tous les éléments :« Attendons d’avoir les projets » (qui seront soumis par les aménageurs). D’après le maire, « pour coconstruire, il faut déjà qu’il y en ait un des deux qui sache ce qu’il veut faire ». Emmanuel Denis rétorque que les plans de masse sont déjà établis, et que la concertation ne pourra être que marginale. Pour lui, il aurait été préférable de « partir d’une page blanche », en s’appuyant sur l’expertise d’usage des habitants. C’est intéressant, parce qu’on a deux conceptions radicalement différentes de la concertation qui s’opposent. Plus loin, le maire explique :

« Le point de départ de toute décision, c’est le conseil municipal. C’est le vote que vous allez faire ce soir sur ce projet. (...) Si je n’obtiens pas votre accord, il n’y a pas de concertation, parce qu’il n’y aura pas de projet. La vie démocratique, elle se fait autour de la table du conseil municipal, que ça plaise ou non au monde associatif. Le pas, il est donné aux élus. »

Et puis Denis interroge directement le maire : « Pourquoi vous avez décidé de ne pas aller au bout de votre engagement d’être... de n’avoir qu’un mandat et d’être maire à 100 % de la ville de Tours ? ». Serge a l’air fatigué :

« J’aime bien le jeu intellectuel qui consiste à pas comprendre ce que voulait dire l’expression "maire à 100%". Tout le monde l’a compris, je crois que je suis plutôt maire à 120 % au cours des journées. Il n’a jamais été question dans l’expression de la durée du mandat. »

Évidemment, c’est un mensonge, puisque dans ses documents de campagne, Babary expliquait clairement que contrairement à son adversaire Jean Germain, il ne briguerait pas de mandat de sénateur [1]. Mais la mauvaise foi n’a jamais étouffé le maire de Tours, qui poursuit :

« La situation, elle se pose dans des centaines de communes où les maires se présentent à la même élection que celle à laquelle vous faites allusion. (...) La loi sur le non-cumul, elle est arrivée après l’élection municipale, donc on est dans une situation particulière, qui permettra dans l’avenir sans doute aux candidats de se positionner au moment de leur élection, mais qui pouvait savoir qu’il n’y aurait plus possibilité pour les responsables de collectivités locales et les adjoints et les vice-présidents de pouvoir briguer un mandat national ? »

Ben oui, c’était quand même bien pratique de pouvoir cumuler les mandats à l’infini, qui pouvait penser qu’on allait venir les emmerder ? Sauf que la loi sur le non-cumul des mandats a été promulguée plus d’un mois avant l’élection de Babary à la mairie, en février 2014 (Serge a été élu le 30 mars). Autant d’honnêteté intellectuelle, ça promet pour l’exécution de son mandat de sénateur.

Un demi-million d’euros pour les Francos Gourmandes

A l’occasion du point sur le budget principal de la ville, Emmanuel Denis attaque sur les dépenses engagées dans le cadre du festival « Tours et ses Franco-Gourmandes », qui s’est déroulé du 15 au 17 septembre. « Franchement, sur ce sujet-là, je suis en colère ». S’il estime que l’organisation d’un festival autour de la gastronomie est une bonne idée, il déplore que la mairie soit allé chercher « un producteur, en l’occurrence Morgane Production, qui est venu mettre en place son attraction qui était en fait vraiment quelque chose de hors sol et qui était vraiment pour moi en dehors des clous ». Denis poursuit :

« Je vais utiliser des euphémismes franchement parce que... Je suis allé voir les joutes culinaires. Bon, c’était assez incompréhensible pour ce que j’en ai vu, et j’ai vu [que] globalement le public était assez dubitatif. Et puis l’animation c’était franchement c’était pas franchement enthousiasmant. Tout cela en plus était arrosé abondamment de Kronenbourg et avec un chef qui venait de La Rochelle pour le village gourmand ».

Décrocher un partenariat avec Kronenbourg pour un festival autour de la gastronomie, c’est encore un exploit à mettre au crédit de la municipalité.

« Cet événement là, je pense qu’on aurait pu s’en passer, surtout quand on voit ce qu’on a dépensé : 100 000 euros pour la ville de Tours, 100 000 euros pour la métropole, et puis ça va certainement engloutir une partie de la subvention de fonctionnement de la Région (autour de 80 000 euros). J’espère qu’on va tirer les conséquences de tout ça. »

Au total, les concerts organisés place Anatole France auraient représentés 550 000 euros de dépenses, subventionnées à plus de 50 %. Les tourneurs disent merci.

Le maire reste imperturbable :

« Moi, je m’en tiens aux résultats qui ont été diffusés par la presse locale, la presse nationale. Y a eu plus de 20 retombées aujourd’hui sur ce sujet ».

Bien sûr, quand le rayonnement et l’attractivité constituent les seuls axes de l’action publique, c’est sur ce critère extrêmement pertinent des retombées médiatiques que s’appuient les élus. Seulement, une recherche sur Google Actualités devrait inciter le maire à un peu de prudence : en rentrant « Francos Gourmandes » dans la recherche, on obtient à peine neuf résultats, essentiellement tirés de La Nouvelle République et Infos-Tours. Soit environ 11 000 euros la mention dans la presse, si l’on prend comme base la seule subvention de la mairie. A ce tarif-là, ils feraient mieux de s’acheter directement des encarts publicitaires.

JPEG - 91.3 ko
Une foule compacte se presse pour des concerts d’exception

Le maire explique ensuite que la présence sur le festival a été évaluée à « 30 000 personnes ». On se demande bien comment ils s’y sont pris pour évaluer la participation, vu la multitude de lieux et d’événements. En tous cas, pour les concerts de la place Anatole France, la presse locale évoquait 5 000 personnes le vendredi, 3 000 personnes le samedi. Du coup, c’est un peu ridicule pour le maire de tenter une comparaison avec la commune dans laquelle s’étaient déroulées les précédentes éditions du festival organisé par Morgane Prod : « Tournus c’était 7 000 ». Apparemment le producteur n’a pas réussi à attirer beaucoup plus à Tours, qui compte pourtant 130 000 habitants supplémentaires.

Finalement, le maire balaye les critiques : « C’est tout de même un succès populaire ». Puis en remet une couche sur le « succès médiatique », qualifié de « raisonnable » : « Une retombée dans vingt médias nationaux c’est pas rien ». Ah ben oui, 15 lignes en huitième page d’un journal quelconque, c’est la gloire. Et puis ça change des articles de la presse nationale consacrés aux arrêtés anti-mendicité du maire.

Babary passe la parole à Bouchet, qui accuse Denis de tenir sur les réseaux sociaux des propos « insultants et diffamatoires ». Il met ensuite un petit tacle à Vincent Tison, qui est à la fois élu à la métropole et membre du cabinet du président de la Région, mais vu l’insignifiance du bonhomme on ne relèvera pas [2]. Bouchet poursuit : « Moi je trouve que ce festival a été une grande réussite, parce qu’il a mêlé à la fois ce qui était populaire et à la fois ce qui était intellectuel. Et que l’ensemble est aussi commercial. » Il a l’air de distinguer « populaire » et « intellectuel », comme s’il s’agissait nécessairement de qualités distinctes, mais heureusement tout se réconcilie dans le mercantilisme. Alors ça va.

Comme le maire, il revient ensuite sur les retombées médiatiques :

« On n’a jamais autant parlé de Tours dans les médias nationaux que pendant ce week-end : plusieurs fois France Info, Le Parisien, Europe 1, etc. »

Encore une fois, on ne peut être que consterné par le critère employé pour apprécier le succès de l’événement. D’autant que ces bonnes retombées ne viennent pas des seuls mérites du festival, mais de l’activité d’une attachée de presse, dont le salaire serait la seule dépense qui n’aurait pas été directement réinvestie auprès d’entreprises locales. Bouchet explique que les collectivités ont dépensé 250 000 euros, le reste étant payé par des partenaires privés et Morgane Production, pour un coût total qui s’établirait finalement un petit peu en dessous du demi-million d’euros.

Conflit social au Grand Théâtre

Au détour du point sur le budget annexe des activités lyriques et symphoniques, Pierre Texier évoque l’interpellation des élus par le syndicat CGT des artistes musiciens tourangeaux concernant la situation des musiciens du Grand Théâtre de Tours. Apparemment, la rémunération de ces musiciens ne correspond pas à la grille fixée par leur convention collective. On entend le maire râler dans son micro. Texier demande un point sur l’avancée des négociations et les engagements pris par la municipalité.

Le maire rétorque que les négociations sont toujours en cours, et que la communication s’adressera d’abord aux organisations syndicales : « On va pas vous donner ce soir le résultat de discussions avec d’autres types d’institutions et d’organisations alors que c’est pas terminé ». Ensuite, Babary râle parce qu’il estime que l’intervention de Texier est hors sujet. D’après le maire, les débats seraient incompréhensibles pour le public. Mais si Serge, c’est très clair.

Pierre Texier fait observer qu’il a été sollicité par le syndicat des artistes musiciens sur ce point. Le maire répond qu’il existe plein d’autres manières d’aborder une telle question (questions écrites ou orales, lettre au maire, à l’adjoint, etc.), mais qu’il convient de ne pas perturber le conseil municipal. Ben oui, ce serait dommage de sortir de la lecture poussive des délibérations, c’est mieux quand tout est discuté au sein des commissions ou dans le cabinet du maire.

Attribution de subventions

Cécile Jonathan évoque une lettre ouverte de l’association Chrétiens Migrants. Le courrier concerne apparemment la diminution de la subvention versée à l’association (qui s’élève à 500 euros). Histoire de pas trop se mouiller sur la question de l’aide aux exilés, Jonathan ose un : « Moi je ne remets pas en cause le bien-fondé de la décision qui a été discutée sans doute en commission ». Ben non, ne remets surtout pas en cause son bien-fondé, faudrait pas se mettre mal avec les collègues, hein. Le maire assure qu’il n’a pas eu connaissance de cette lettre. Puis il ne peut pas se retenir de tacler l’association :

« C’est leur façon, hein, d’interpeller un peu toujours à tort et à travers. (...) Y a pas besoin d’une lettre ouverte pour rencontrer le maire, il suffit de téléphoner au cabinet, ils connaissent par cœur l’adresse du secrétariat. Donc c’est toujours un peu dans l’affrontement. On peut tout de même faire des efforts, les uns et les autres, dans nos responsabilités, d’éviter que ce soit toujours de l’excitation, de l’affrontement. On a le devoir d’apaiser les choses dans cette société. Même une association de solidarité, elle trouve moyen, à chaque fois, d’être dans la provocation. C’est pénible. Y a pas de raison. Moi je les reçois volontiers. On a réglé des problèmes ensemble. »

Après avoir accusé Chrétiens Migrants de manipuler les migrants [3], le maire leur reproche maintenant d’être pénibles. Grande classe.

Alexandra Schalk-Petitot assure que l’attribution de la subvention à l’association a été faite « suite à un échange, et en accord avec eux, on s’était mis d’accord sur le montant ».

Police et caméras

Olivier Lebreton, sinistre adjoint à la sécurité, présente une délibération relative au « renouvellement de la convention de coordination entre les forces de sécurité de l’État et la police municipale ». Cette convention précise « la nature et les lieux des interventions des agents de la police municipale, en coordination avec les interventions de la police d’État ».

Un état des lieux a apparemment été établi, sur la base du Diagnostic local de sécurité réalisé en 2014 (et qui n’est pas public). Lebreton évoque également un « conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance », créé en 2015 et présidé par le maire, dont les travaux ne sont pas non plus publics...

Apparemment, une liste de priorités a été établie. L’adjoint cite la lutte contre les incivilités et la lutte contre les vols et cambriolages. Concernant les vols et cambriolages, il présente les « process » mis en place (opération tranquillité vacances, alertes commerces, voisins vigilants) ; le pire du langage managérial s’invite au conseil municipal. Il évoque ensuite des réunions inter-polices pour l’organisation d’événements dans la ville, mais aussi des réunions mensuelles organisées avec les bailleurs sociaux, la police nationale, la protection judiciaire de la jeunesse, etc., « afin de faire des focus sur chaque quartier de la ville de Tours qui peut poser problème ».

« Nous connaissons évidemment chaque quartier, chaque immeuble, et on va jusqu’au détail du numéro d’immeuble et parfois même jusqu’à l’étage. »

Lebreton précise ensuite ce qu’est le conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance : il y a le procureur, le Département, la Ville, le préfet et « de nombreux partenaires, plus de quatre-vingt ». Le détail de leurs travaux n’est pas précisé, on apprendra juste qu’il s’agit de « trouver des solutions dans des situations qui sont parfois difficiles ».

La convention fixe aussi l’armement des policiers municipaux. L’occasion de rappeler que des munitions ont été volées dans les locaux des municipaux, obligeant la mairie à y installer une caméra de vidéosurveillance... Lebreton évoque ensuite les 40 assistants de surveillance de la voie publique (ASVP), dont il était question ici, puis le doublement du nombre de caméras de vidéosurveillance dans la ville : « C’est quasiment fait ». Apparemment le nombre de réquisitions judiciaires des images de surveillance s’élèverait à environ 130 par an, ce qui fait très plaisir à Olivier, mais concrètement ne signifie pas grand chose (on ne connait pas la nature des infractions concernées, ni si les images sont effectivement exploitables).

Nicolas Gautreau prend la parole pour se plaindre de la recrudescence des tags. Le maire lui répond :

« C’est pas parce qu’on en enlève moins. C’est parce que il y a une espèce de recrudescence de cette imbécilité qui consiste à barbouiller les murs ».

Nous on aime bien les tags, ça rend la ville plus jolie.

La discussion se poursuit un peu, le maire en profite pour rappeler que la police municipale n’a pas vocation à se substituer à la « police d’État ». C’est peut-être à eux qu’il faut le dire.

Réforme du stationnement payant et externalisation du contrôle

C’est Yves Massot qui s’y colle. Et il commence par se féliciter que trois personnes ayant piraté des horodateurs de la ville aient été condamnées à plusieurs années de prison... Le point est assez technique et Massot ne fait rien pour le rendre intéressant. Une augmentation des tarifs de stationnement est prévue pour encourager les rotations.

Aujourd’hui, la gestion du stationnement fonctionne « en régie totale » pour la ville de Tours. La police municipale s’occupe du contrôle et de la surveillance sur voirie, le service Circulation s’occupe de la collecte des pièces dans les horodateurs, de leur maintenance, etc. Demain, la police municipale se consacrera exclusivement au contrôle du stationnement gênant, tandis que le contrôle du stationnement payant sera externalisé. Une consultation est en cours pour trouver un prestataire. Les ASVP seront également affectés au contrôle du stationnement gênant. Ils se verront aussi affecter des missions relatives à la propreté des espaces publics, aux règlements locaux de publicités (enseignes, pré-enseignes), aux bruits de voisinage.

Emplois aidés

Au détour du « compte-rendu de monsieur le maire sur les actes accomplis... », Texier pose une question sur l’impact pour la ville de la décision du gouvernement de supprimer de nombreux emplois aidés. Le maire répond que cette décision, qu’il qualifie de « brutale », a mis en difficulté beaucoup de collectivités locales. Rappelons quand même que Babary a soutenu Bruno Le Maire pendant les primaires de la droite en vue de l’élection présidentielle de 2017, et que ce candidat proposait la suppression des contrats aidés.

D’après le maire, Tours compte actuellement douze emplois aidés, affectés notamment à la petite enfance et à la restauration municipale. Trois de ces contrats prendront fin en novembre 2017 : l’un arrive à échéance, deux pourraient être renouvelés. « Pour ces personnes, la décision gouvernementale peut donc avoir des conséquences. On verra. » Babary souligne que la municipalité est peu touchée, parce qu’elle a peu eu recours à ce type de contrat, privilégiant les emplois permanents.

La conseillère municipale Nicolay-Cabanne ajoute que le CCAS emploie 25 personnes en contrat aidé, qui travaillent dans des maisons de retraite et sont en charge du ménage. Cinq de ces contrats arrivaient à échéance pendant l’été. L’élue décrit le bazar que ça a été :

« Quand le gouvernement a annoncé qu’il mettait fin aux contrats aidés, nous n’avons pas pu renouveler ces personnes. Jusqu’à ce que le premier ministre fasse machine arrière en expliquant que dans certains cas, on pouvait toujours continuer à utiliser des contrats aidés. Donc Pôle Emploi (...) nous a annoncé qu’on pouvait renouveler les cinq contrats aidés qui étaient arrivés à échéance, ce que nous avons fait évidemment tout de suite. Et les personnes ont pu recommencer à travailler. 48 heures après, Pôle Emploi nous rappelle en nous disant que finalement, nous n’avions pas droit aux contrats aidés, et que nous devions arrêter ces contrats. (...) Donc on s’est quand même battus. (...) Finalement, un arrêté préfectoral nous autorisait à garder nos contrats aidés. Ces cinq-là sont gardés. Pour ceux qui arrivent à échéance en octobre et novembre, on n’a pour l’instant aucune visibilité. »

La politique de l’emploi dans la start-up nation...

Le prochain conseil municipal ordinaire aura lieu le 13 novembre. D’ici-là, on devrait avoir un nouveau maire. Youpi.



Notes

[2Si vous pouvez pas vous retenir de découvrir ce petit clash ridicule, c’est à 1h39 dans la vidéo du conseil municipal.

[3Cf notamment le compte rendu du conseil municipal du 6 juillet 2015.

Participez !

Ce site est ouvert à la publication. La proposition d’article se fait à travers l’interface privée du site. Quelques infos rapides pour comprendre comment y accéder et procéder !

Soutenir par un don