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Extension de la surveillance à Joué-lès-Tours

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Alors que le nombre de caméras de vidéosurveillance a augmenté de 130 % depuis le début de son mandat, le maire Frédéric Augis veut continuer à en quadriller la ville.

A l’occasion du conseil municipal du 13 novembre, le premier adjoint de Joué-lès-Tours, Vincent Téléga, a présenté une délibération visant à souscrire à un marché pluriannuel pour étendre le dispositif de vidéosurveillance de la ville. Quand Frédéric Augis est arrivé à la tête de la mairie, la commune comptait déjà 29 caméras de vidéosurveillance installées sur la voie publique. Aujourd’hui, elle en compte 67 (auxquelles s’ajoutent 20 caméras en intérieur), mais la municipalité ne compte apparemment pas mettre un frein à cette politique de flicage.

Pourtant, l’efficacité de ces dispositifs très coûteux est loin d’être démontrée. Frédéric Augis a d’ailleurs reconnu pendant le conseil municipal que la ville n’avait enregistré que dix réquisitions judiciaires visant à obtenir des images filmées par ces caméras depuis le début de l’année 2017. Un chiffre dérisoire.

En fait, comme l’a reconnu le maire, la question n’est même plus celle de la lutte contre la délinquance, mais du quadrillage de la ville :

« C’est pas la question de la délinquance qui me fera changer la politique de vidéoprotection dans cette ville. (...) Au-delà des chiffres, [le but] c’est de faire une aide à la police nationale et à la police municipale avec la vidéoprotection dans des lieux stratégiques de la ville. »

« Il n’y pas de question de Big Brother ou n’importe quoi. Nous avons décidé de mettre en place un certain nombre de caméras. Je rappelle que la règle c’est avant tout dans la sécurité des plus jeunes, donc c’est les lieux de vie et devant les écoles où un certain nombre de caméras sont actuellement installées (sic). J’assume ce choix. Je continuerai d’installer des caméras dans cette ville. »

Le plan d’extension des caméras dans la commune comprend d’ailleurs un volet « écoles » pour un budget de 276 000 euros, subventionné à hauteur de 200 000 euros par la préfecture d’Indre-et-Loire. Quand il s’agit de fournir des armes aux policiers municipaux ou d’installer de nouveaux dispositifs de surveillance, on peut toujours compter sur l’État.

Deux déclarations étaient particulièrement remarquables au cours de cet échange sur la vidéosurveillance. Celle de Jean-Christophe Turot, élu de la majorité, d’abord :

« La plupart des gens s’accommodent très bien des caméras de vidéosurveillance. (...) Une caméra de vidéoprotection, ce n’est pas attentatoire aux libertés individuelles à partir du moment où on a rien à se reprocher. »

Celle de Vincent Tison, élu de l’opposition (PS) ensuite :

Il y a la question des libertés individuelles. Mais la réglementation le règle, puisqu’il y a la présence de panneaux aux abords de ces zones qui précisent effectivement que ce sont des zones sous vidéosurveillance.

Le panneau d’information, garant des libertés individuelles... Cette déclaration illustre bien comment le Parti socialiste (ou ce qu’il en reste) s’est converti aux doctrines sécuritaires au cours des trente dernières années.



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