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Expulsion des sans abris hébergés au CLOUS de Tours

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Devant l’hypocrisie des pouvoirs publics face aux sans-abris, une soixantaine de personnes se sont retrouvées à Tours, ce 31 octobre, pour la réquisition du bâtiment du CLOUS, avenue de Lattre de Tassigny. Le vendredi 2 novembre en fin d’après midi, l’immeuble a été évacué par les forces de l’ordre. La mobilisation continue.

  • 150 personnes manifestent dans les rues de Tours

    En réaction à l’expulsion du bâtiment réquisitionné, pour réclamer l’ouverture de places d’hébergement, environ 150 personnes ont manifesté dans le centre ville de Tours ce samedi après-midi.
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Ce mercredi 31 octobre débutait la trêve hivernale ; et alors que le président de la République annonçait la nécessité « qu’une solution soit trouvée pour tout le monde », un collectif de Tourangeaux constatait la contrainte pour de nombreuses personnes, jeunes isolés, familles avec enfants en bas âge de passer les nuits dehors. Face à l’hypocrisie des institutions pour subvenir aux besoins vitaux de ces jeunes et de toutes les personnes à la rue alors que les moyens attribués restent insuffisants, la solidarité s’est alors organisée autour de la réquisition de bâtiments inutilisés [1]. Ainsi, une soixantaine de personnes rassemblées à l’initiative d’Utopia 56 Tours et du Collectif de citoyens solidaires des réfugiés de Saint-Pierre-des-Corps ont réquisitionné les locaux vides du CLOUS, avenue de Lattre de Tassigny.

Il n’aura pas fallu attendre longtemps pour que soit donné l’ordre d’expulser tous ceux qui y ont trouvé refuge. Le vendredi 2 novembre en fin d’après midi, une vingtaine de membres de la CDI (compagnie départementale d’intervention), lourdement armés, ont occupé le bâtiment et chassé ses occupants. Sur la quarantaine de personnes hébergées au CLOUS, vingt-cinq ont été relogées par la Direction départementale de la cohésion sociale (DDCS) dans un foyer d’urgence jusqu’à lundi matin. Le problème n’est donc en rien réglée.

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Intervention des flics pour évacuer les occupant-es du CLOUS

Au moment où l’État annonce que 14 000 places d’hébergement supplémentaires vont compléter les 136 000 déjà ouvertes (ce qui devrait porter le chiffre des places ouvertes à Tours à 1 500), le constat est sans appel : en tenant compte du rejet quotidien par le 115 de 80 à 100 personnes, et la prise en charge par les associations, paroisses, ou familles d’environ 200 places permanentes d’hébergement, il y a, en Indre-et-Loire, un déficit de financement d’au moins 350 places d’hébergement. De plus, la loi ELAN (Evolution du logement, de l’aménagement et du numérique) qui vient d’être adoptée marque la fin de la notion de trêve hivernale pour les bâtiments réquisitionnés [2].

Il s’agit d’une situation voulue, entretenue par les pouvoirs publics qui reportent la prise en charge des sans-abris sur les différentes associations et collectifs. Pour les autorités, il n’est pas question d’ouvrir plus de 70 places d’hébergement afin de « ne pas favoriser le flux migratoire ». Pour la préfète, « on ne peut pas imaginer que l’on ouvre des places en fonction des arrivées car on n’arrêterait pas le flux » [3]. En ouvrir plus serait pour elle « une posture qui facilite la vie aux passeurs et aux trafiquants » voire être « dans un monde de Bisounours ». C’est bien parce que les collectifs et associations ne vivent pas dans un monde de Bisounours qu’ils refusent que quiconque soit à la rue.

Après l’occupation de l’église Saint-Libert et l’installation d’un campement sur le terrain de la paroisse de l’Assomption à Saint-Pierre-des-Corps, cette troisième initiative marque la poursuite de l’engagement solidaire des Tourangeaux pour la protection de toutes les personnes à la rue.

Les collectifs, associations et individus appellent ce samedi 3 novembre à un rassemblement de solidarité à 15h devant le local de Chrétiens-Migrants, 4 allée de Luynes au Sanitas.



Notes

[1Cette réquisition était la prolongation du campement place André Theuriet, tout proche, qui avait été mis en place ces dernières semaines pour pallier l’absence des mises à l’abri de dizaines de personnes à la rue.

[2Voir le texte sur le site de l’Assemblée nationale.

[3Voir l’entretien de Corinne Orzechowski préfète d’Indre-et-Loire sur le site de 37degrés-mag.

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