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Chronique d’une année scolaire : le calendrier de l’avent de Jean-Michel Blanquer

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Le retour de l’uniforme, de la dictée quotidienne, la privation de la liberté pédagogique, la menace juridique, la caution scientifique à tout crin... Tout est bon pour Blanquer qui ne cesse de s’exprimer ces derniers temps. Il ose même remettre le port du voile à l’ordre du jour.

Le ministre de l’Éducation Nationale réfléchit à faire remonter le niveau des élèves français. Car, selon les dernières enquêtes, les petits français savent lire mais ne comprennent pas ce qu’ils lisent. Donc, pour remédier à ce problème de communication et d’expression, Blanquer sort une batterie de petites mesurettes visant à rendre accessible le sens d’un discours aux élèves.

Une vision stérile et sclérosée de la République imposée de force

Comme Blanquer est rationaliste, il sait que la République française est une et indivisible. Comme sa langue. Comme sa grammaire. Blanquer sait que le socle de compétences nécessaires à l’insertion sociale repose sur le fait de savoir lire, écrire, compter et respecter. Surtout les chefs, même si leurs discours sont dangereux ou défaillants. Le respect comme arme de soumission absolue. Et pour prévenir les irrespectueux, il attaque ceux qui ne pensent pas comme lui, ceux qui tentent de créer dans la société actuelle des leviers de réflexion. Il porte plainte contre un syndicat d’enseignants. Pour être certain que les quelques frondeurs qui voudraient élever la voix comprennent ce qu’est le respect.

Une farandole de messages stigmatisants et passéistes

Pour clore ces premiers jours de décembre, Blanquer nous ressort le voile. C’est vrai, on n’en parlait plus assez. Le voile ne gênait plus l’école, du moins il n’était pas revenu sur le devant de la scène depuis longtemps. Mais Blanquer ne pouvait s’y résoudre. C’est tellement bon de rappeler que les parents accompagnateurs de sorties scolaires ne doivent pas porter de signes ostensibles de leur croyance. En précisant qu’il pense au voile bien évidemment. C’est tellement pratique de souffler sur l’islamophobie latente de notre société. Plutôt que de s’attaquer à d’autres signes religieux flagrants qui continuent de perdurer dans l’école. Il aurait pu évoquer le financement des établissements privés d’obédience religieuse par un État qui se dit laïc. Ou encore le poisson servi par certaines cantines le vendredi . Ou même Pâques, Noël, l’Ascension ou la Pentecôte fériés pour les écoliers et leurs enseignants, alors que l’on reproche si souvent l’absentéisme démesuré lors des fêtes de l’Aïd. Et pour clore sur les problèmes vestimentaires, Blanquer se permet de signifier qu’il est favorable au retour de l’uniforme pour les établissements le désirant.

Alors quoi ? Féroce nostalgie de sa propre scolarité ? Fanatisme absolu d’une éducation passéiste ? Ou volonté de noyer d’autres projets bien plus pervers par l’effet de petites annonces un peu débiles ? Quelle est la raison qui pousse le ministre à agiter de vieux fantômes, de vieilles querelles ? Si ce n’est détruire ce qui existe encore dans l’école d’aujourd’hui ?

KD



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