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Pour un accueil digne de tou·tes les étrangèr·es : appel à rassemblement le 2 décembre

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A l’appel d’un certain nombre d’associations et de collectifs, un rassemblement est organisé à Tours le 2 décembre pour dénoncer le nombre grandissant d’étrangèr·es abandonné·es par l’État, dans des situations administratives inextricables et qui sont laissé.es à la rue.

Quand les pouvoirs publics bafouent les lois, s’insurger est un devoir civique ! Les lois sont bafouées quand les services de protection de l’enfance mettent les mineurs isolés en danger, les services de l’Etat qui ont en charge l’accueil et l’accompagnement social des demandeurs d’asile les laissent à l’abandon. Les services préfectoraux se servent des règlements européens pour pouvoir expulser davantage d’étrangers plus fréquemment que pour les accueillir et les intégrer.

Que veulent dire les mots, quand « service » = mépris ; quand « protection » = maltraitance ; quand « asile » = rejet ; quand refuge = expulsion ? Voici ce qui se passe dans les villes de notre Département et plus particulièrement dans l’agglomération tourangelle.

Ils sont des dizaines d’adolescent-e-s, qui ont fui un destin sans espoir, franchi les déserts, les frontières, les mers et réussi à échapper aux marchands d’esclaves que l’Europe, de fait, finance sous couvert d’empêcher des zodiacs pourris de quitter la Libye ou d’échouer sur les côtes espagnoles. Leur acte de naissance en mains, ils se présentent à l’Aide Sociale à l’Enfance. Neuf fois sur dix, ces mineurs isolés se voient refuser la mise à l’abri, la prise en charge, l’accompagnement social et éducatif auquel le Code de l’Action sociale et des familles leur donne droit.

Les associations qui leur viennent en aide s’épuisent à se battre au cas par cas, à saisir le juge des enfants, à les faire accepter dans les collèges et lycées de l’agglomération. Il faut en finir avec les tergiversations, les faux-fuyants et la mauvaise foi des services départementaux de la protection de l’enfance. Ils sont hors la loi. Et ne peuvent tout de même pas prétendre qu’ils ignorent ce que « protection » veut dire !

Les lois sont bafouées dans « la gestion de l’hébergement »

Tous les soirs, le 115 refuse une centaine de personnes, laissant sans hébergement des hommes, des femmes, des enfants, des nourrissons, des malades, des handicapés. Et voici que, comme tous les ans à la même époque, se met en place le « Plan Hiver » : des salles d’hébergement collectif sont ouvertes pour la nuit. On y dort sur des lits de camps, et le matin, dehors… jusqu’au soir suivant. C’est ce qu’on appelle l’hébergement d’urgence, une « urgence » dont on sait d’avance qu’elle est faite pour durer. Douloureuse, scandaleuse et absurde pérennisation de l’impuissance voire de l’incurie administrative. L’hébergement, dès lors qu’il se présente comme « d’urgence » est inacceptable dans une agglomération qui comporte des milliers de vrais logements inoccupés.

Parmi les personnes « à la rue », plusieurs familles de demandeurs d’asile qui ne relèvent ni de l’urgence, ni de la mise à l’abri en hôtel, mais doivent être accueillies dans les Centres d’Accueil pour Demandeurs d’Asile (les CADA) par l’Office Français d’Immigration et d’Intégration (OFII) dont c’est la mission première. Des places de CADA ou de foyers sont occupées par des personnes qui n’y ont plus droit, nous dit-on. Parmi elles, des réfugiés statutaires, à qui l’Etat DOIT un logement autonome, et des « régularisés » qui sont en demande de logements sociaux – demandes bloquées par des considérations de ressources inappropriées. Les solutions pour loger dignement les gens existent. Elles sont plus humaines, plus dignes, et moins coûteuses que tous les plans dits d’urgence qui ne règlent rien.

Les lois sont bafouées et les engagements de l’État sont reniés quand des demandeurs d’asile sont refoulés. Voici un peu plus d’un an, le ministre de l’Intérieur d’alors mettait en place les Centres d’Accueil et d’Orientation (CAO) destinés à permettre à des exilés sans abri d’entamer leurs procédures de demande d’asile, avec un minimum d’accompagnement. Pour décider la plupart d’entre eux à entrer dans ce dispositif, il leur fut promis que ne leur serait pas appliqué le « règlement Dublin », qui veut qu’un demandeur d’asile ne puisse déposer sa demande que dans le pays européen par lequel il est entré dans l’UE. En clair, on leur a promis que le dépôt de leur demande d’asile ne déboucherait pas sur le redouté « transfert » obligatoire dans un autre pays.

Les CAO, notamment ceux de Grandmont et de Saint-Pierre-des-Corps, se sont remplis de pensionnaires confiants dans les promesses du gouvernement… sauf que… les promesses n’ont pas tenu longtemps. Et voici que se multiplient, dans les CAO et hors d’eux, les « Dublinés », vivant sous la menace permanente d’une expulsion, qui vers l’Italie, qui vers l’Allemagne… Pour les Afghans, notamment, ce renvoi vers l’Allemagne ou l’Autriche est synonyme de charter vers l’Afghanistan. Seuls des bureaucrates ou des politiciens cyniques peuvent imaginer que la sécurité des personnes est garantie dans ce pays.

Pour dénoncer ces pratiques qui perdurent en s’aggravant depuis 20 ans et ces décisions actuelles qui ne respectent ni le droit des mineurs, ni le droit d’asile, ni le droit au logement, ni la dignité des personnes, ni la protection des plus fragiles.

Nous appelons à un rassemblement le samedi 2 décembre à 14h30 place de la Préfecture (où est également situé le Conseil Départemental).

Nous remettrons à cette occasion aux « autorités » trois pétitions, l’une pour la prise en charge en CADA d’une famille demandeuse d’asile, la deuxième pour que la préfecture annule les procédures « Dublin » et respecte le droit d’asile, et la troisième pour exiger qu’un accueil conforme à la loi soit mis en œuvre pour les Mineurs Non Accompagnés.

Les premiers signataires de cet appel :
Le Réseau Education Sans Frontières d’Indre-et-Loire (RESF 37)
Le Collectif solidaire des Réfugiés de Saint-Pierre-des-Corps
Utopia 56
Chrétiens-Migrants
La Ligue des Droits de l’Homme
Convergence des services publics



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