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Plan social dans les lycées de l’agglomération pour la rentrée 2019

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La rentrée 2019 se prépare dès aujourd’hui dans les rectorats et les établissements scolaires du secondaire. Ces derniers ont reçu les dotations en moyens humains qui leur sont allouées pour fonctionner l’année prochaine. Dans les lycées de l’agglomération ces moyens sont en très forte baisse, ce qui va se traduire par des dizaines de suppressions de postes. Un véritable plan social dans l’Éducation nationale. Un de plus…

Les chefs d’établissement des lycées de l’Académie ont tous reçu au début des vacances de Noël l’enveloppe horaire qui leur permettra d’assurer les cours en 2019-2020. Depuis ils s’acharnent tant bien que mal à distribuer cette enveloppe entre les différentes matières à enseigner, en fonction des horaires officiels de cours. Et il faut bien le dire, ils ont du mal, tant ces moyens ont été drastiquement revus à la baisse. Dans l’agglomération de Tours, certains établissements perdent ainsi entre 100 et 200 heures d’enseignement, c’est à dire l’équivalent de 5 à 10 postes au moins (par lycée).

La faute à qui ?

Plusieurs facteurs sont annoncés comme responsables :

  • La baisse des effectifs, liée à la baisse démographique. L’impact reste très limité dans l’agglomération qui connaît toujours, comme toute la vallée de la Loire, une hausse de population.
  • Le redécoupage de la carte scolaire. Celle-ci, non annoncée, et organisée dans une certaine précipitation, affecte beaucoup plus les lycées de centre ville. Les choix du rectorat ont consisté à privilégier les lycées dits ruraux en dirigeant désormais certains flux d’élèves vers ces derniers. Ainsi les lycées de Grandmont et Vaucanson perdent de nombreuses classes (de seconde) alors que les élèves de certains secteurs géographiques de recrutement sont affectés désormais sur d’autres lycées (Loches, Amboise ou Chinon).
  • Enfin et surtout, l’impact de la réforme du lycée aboutit à une forte suppression de moyens. Réduction du nombre de groupes (il n’y a plus de classes désormais), groupes systématiquement à 35 élèves dans les matières de tronc commun, réduction du nombre d’options (qui deviennent facultatives), enseignements de spécialité dont les choix par les élèves ne seront pas connus avant le troisième trimestre… À chaque fois « l’économie » de moyens réalisée est équivalente à deux à trois classes (pour un lycée moyen de 1 500 élèves).

Des dizaines de postes qui disparaissent

Les organisations syndicales ont reçu du rectorat les chiffres relatifs à ces moyens au début du mois de janvier. Dans les lycées, les directions commencent à annoncer les catastrophes (lorsqu’elles ne font pas de la rétention d’information devant l’ampleur de celles-ci).

Au lycée Grandmont, c’est 190 heures d’enseignement qui sont retirées, soit l’équivalent de plus de dix postes d’enseignants. À Paul-Louis Courier, il s’agit de 128 heures, soit au moins sept postes, au lycée Vaucanson 113 heures, soit cinq à six postes, au lycée Balzac encore une quarantaine d’heures (soit deux à trois postes).

Certains enseignants perdent ainsi totalement leur poste, et se voient contraints de changer d’établissement, et dans certaines matières peuvent vraiment se poser des questions quant à leur prochaine affectation. Bien souvent il s’agit de morceaux de postes qui disparaissent (quelques heures seulement, en enseignement de langue notamment) ce qui induit pour les professeurs des postes en temps partagé à cheval sur plusieurs établissements.

Quant aux élèves… Systématiquement 35 par groupes, ils devront s’habituer au bruit, à la désorganisation des classes, à la baisse des heures dédoublées, aux emplois du temps de plus en plus compliqués, et renoncer au travail en petits groupes...

Les incidences ne se font pas que sur les enseignants ou les conditions d’apprentissage des élèves. À terme, il y a derrière ces évolutions aussi une baisse du nombre de surveillants (AED), ou de CPE qui se profile (sans parler des Psychologues dont la disparition est désormais programmée [1]).

Face à l’hécatombe le rectorat lui-même est bien embêté et pour limiter la casse (et la trop forte grogne sociale) a attribué dans la plus grande opacité des moyens supplémentaires pour certains établissements (en dizaines d’heures parfois) et avoue que pour plusieurs lycées les suppressions auraient dû être bien supérieures (autour de quatorze pour le lycée Grandmont par exemple).

Et ce n’est pas fini...

En effet, l’hécatombe va continuer. D’une part les moyens supplémentaires attribués cette année ne sont pas annoncés comme pérennes. Ils disparaitront sans doute dès l’an prochain laissant la place automatiquement à de nouvelles suppressions de postes. D’autre part, la réforme du lycée appliquée en Seconde et Première, atteindra la Terminale l’an prochain, et aura des effets encore plus dévastateurs (les élèves devant abandonner un des trois enseignements de spécialité qu’ils avaient en première, le nombre de groupes va donc encore diminuer).

Enfin, le ministre a déclaré clairement accentuer l’année prochaine sa politique en faveur du primaire uniquement : sans moyens supplémentaires, il annonce une augmentation du nombre d’enseignants dans le Primaire… aux dépens de ceux du Secondaire. Comme toujours il s’agit de déshabiller l’un pour habiller l’autre. Et au passage de renforcer encore l’enseignement privé qui lui est hors carte scolaire.

Face à ce véritable plan social, lundi 14 janvier les enseignants du lycée Vaucanson seront en grève, en assemblée générale et occuperont leur établissement. Dans les autres lycées de l’agglomération, les réunions d’information s’annoncent tendues.



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