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Inscriptions murales et purification graphique : les arts involontaires du nettoyage urbain

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Tours a été cet été le terrain d’une bataille entre tags militants et graffitis subventionné par la ville. Pourtant, la municipalité efface systématiquement le moindre graffiti depuis des années. Le blog Pense-Bête décrypte ironiquement comment les pouvoirs publics réinventent l’esthétique des murs de nos villes en recouvrant sans cesse les graffitis dans un style artistique proche du cubisme.

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Le même mur à Tours, avant puis après son « nettoyage »




La fin des années 60 a vu émerger un nouveau type de graffiti, à la bombe de peinture. Cet usage détourné d’aérosols voués aux carrosseries automobiles a révolutionné les écritures murales à partir du printemps 68 et permis l’essor des tags et autres maxi- calligraphies tout au long des seventies jusqu’à aujourd’hui. À moins que l’inventivité n’ait entre-temps changé de bord.

Car c’est désormais la lutte anti-graffiti qui, au nom de la salubrité publique et de la civilité urbaine, bénéficie d’une inventivité technologique sans temps mort ni entraves. D’où le large éventail de procédés révolutionnaires destinés à ravaler les façades, en ôtant les souillures infâmes qui dévaluent le capital immobilier et l’essence spéculative de la pierre. Parmi ces méthodes, il en est des préventives (vernis, films plastique ou fibres de verre anti-adhésives) et des réparatrices (sablage, hydro- ou aéro-gommage ou ajout de dissolvants). Et si, comme pour la lutte contre la fumette cannabique ou la fraude de survie dans les transports en commun, cette guerre aux inscriptions sauvages ne saurait connaître de victoire définitive, elle a récemment gagné du terrain, du moins en centre-ville gentrifié.

Apprécions donc à sa juste valeur cette ironie du sort dialectique qui fait de ces effaceurs d’encre, les copistes d’un courant essentiel de notre patrimoine pictural, alliant cubisme et futurisme pour ne plus agencer sur la toile que des surfaces chromatiques.

Même si, à chaque fois qu’ils en remettent une couche, ces peintres en bâtiments ne font que préparer l’aplat qu’un scribouilleur viendra vandaliser à plaisir, lui-même recouvert le lendemain d’un rectangle grisâtre servant à son tour de support à un tagueur qui… et ainsi de suite.

Lire l’intégralité de l’article et voir tous les photographies sur blog Pense-Bête.



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