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Docteur Chalumeau ou comment j’ai appris à ne plus m’en faire et à aimer la bombe

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Le député En Marche de Tours a été l’un des acteurs de l’adoption de la loi de programmation militaire 2019-2025. Cette loi prévoit notamment de consacrer 37 milliards d’euros à la modernisation de l’arsenal nucléaire français dans les prochaines années, relançant ainsi la course aux armements.

Lutter pour renforcer la capacité de l’armée française à faire péter la planète depuis des sous-marins ou des avions de chasse, c’est l’un des aspects méconnus de l’action parlementaire de Philippe Chalumeau. Nommé responsable législatif du groupe En Marche à l’Assemblée nationale sur la loi de programmation 2019-2025 (LPM), adoptée le 28 juin 2018, Philippe a mouillé la chemise pour augmenter les dépenses militaires du pays au cours des prochaines années.

Ce texte prévoit de porter les dépenses militaires françaises à 2% du PIB en 2025, soit 50 milliards d’euros, alors que le pays fait déjà partie des puissances les plus dépensières dans le domaine [1]. Au total, 295 milliards d’euros seront consacrés à faire la guerre ou à la préparer dans les six années à venir. En comparaison, le « plan pauvreté » présenté par Macron le 13 septembre prévoit une dépense de 8 milliards d’euros sur quatre ans.

Chalumeau s’en va-t-en guerre

La LPM 2019-2025 a fixé un budget de 37 milliards d’euros pour la modernisation de l’arsenal nucléaire, soit une dépense de 14,5 millions d’euros par jour jusqu’en 2025. Une décision évoquée pudiquement par Chalumeau, dans sa quatrième lettre d’information, qui se garde bien d’en préciser le coût :

« Clés de voute de notre sécurité, les deux composantes de la dissuasion nucléaire française (aéroportée et océanique) seront renouvelées. »

Pour l’association Initiatives pour le désarmement nucléaire, qui en dénonce « l’absurdité », cette décision va à l’encontre des engagements pris par la France en 1992 dans le Traité de Non-Prolifération nucléaire, et revient à se lancer dans une nouvelle course aux armements. La France dispose déjà d’environ 300 ogives nucléaires prêtes à décimer des populations.

Pour Patrice Bouveret, directeur de l’Observatoire des armements cité dans un article d’Amnesty International déplorant l’absence de débat autour de l’arsenal français, la notion même de « dissuasion nucléaire » constitue « une escroquerie intellectuelle », dont l’usage relève d’une forme de « pensée magique » :

« L’Histoire est ponctuée d’épisodes où cette stratégie n’a pas fonctionné. En 1983, par exemple, l’Argentine savait parfaitement que le Royaume-Uni possédait la bombe atomique : cela ne l’a nullement dissuadée d’occuper les Malouines »

Alors que la Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires a reçu le Prix Nobel de la Paix en 2017, Macron et ses députés, Chalumeau en tête, préfèrent jouer les va-t-en-guerre. Pour la plus grande satisfaction des industries militaire et nucléaire.

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Philippe « Buck Danny » Chalumeau


Notes

[1La France se situait, jusqu’en 2017, à la cinquième place au classement mondial des dépenses militaires.

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