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Bilan de la manifestation des gilets jaunes du 12 janvier, par les Street Medics de Tours

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Le collectif Street Medics Touraine, qui vient en aide aux personnes blessées pendant les manifestations, a publié sur sa page Facebook un compte-rendu de l’Acte IX des gilets jaunes.

Bilan (non-exhaustif) des blessures

  • 6 personnes (au moins) touchées aux jambes et aux pieds (notamment le talon) par des tirs de LBD40.
  • 2 personnes (au moins) impactées au ventre par des tubes de grenades lacrymogènes MP7 ou des munitions de LBD40.
  • 1 personne touchée à l’oreille par un galet incandescent de grenade lacrymogène MP7.
  • 1 personne touchée dans les côtes par un galet lacrymogène, hématome.
  • 2 personnes (au moins) impactées aux jambes par des tubes de grenades lacrymogènes MP7 propulsées proches du sol (tir tendu au lance-grenade Cougar).
  • 1 personne ayant reçu des coups de pieds dans les tibias par la BAC, car elle s’approchait d’une personne interpellée.
  • 1 personne ayant reçu des coups de matraque dans les genoux.
  • 2 ou 3 personnes prises à partie par la police, dont 1 personne jetée à terre et ayant reçu des coups, quatre flics sur elle seule.
  • 1 personne prise en charge après une crise de panique due à l’asphyxie causée par le gaz lacrymogène.
  • 1 personne prise en charge après une crise d’asthme et une crise d’angoisse dues à l’assaut des flics sur la place Jean Jaurès.

De nombreuses personnes asphyxiées par le gaz lacrymogène CS, passant-es et manifestant-es, ont été prises en charge.

En fin de journée, la préfecture annonçait 9 interpellations. Nous on en a compté au moins 6 devant la préfecture, et au moins 2 vers la rue Victor Hugo. Nous savons que certaines personnes n’ont pas été emmenées en garde à vue, mais ont vu leurs équipements de protection personnelle (masque à gaz, lunettes etc) confisqués, avant d’être relâchées, libres. Un homme interpellé sur Rue Victor Hugo par la BAC a été étranglé, cogné contre un mur et frappé une fois menotté.

On notera que nous sommes plusieurs Street Medics à avoir dû faire barrage de notre corps pour protéger de tirs de LBD40 sur des personnes se repliant lentement à cause du gaz lacrymogène, et que nous sommes plusieurs à avoir dû prendre en charge des personnes âgées, ou des enfants, pris-es au piège dans le nuage de gaz sur la place Jean Jaurès. Beaucoup de personnes incommodées par le gaz lacrymogène n’ont pas pu être accompagnées ou prises en charge...

On notera également une vitrine brisée par un tir de LBD40, et de nombreux tirs en pleine foule, manifestant-es et passant-es, alors que le gaz lacrymogène empêchait une visibilité suffisante. Beaucoup de personnes touchées n’ont pas pu être répertoriées et prises en charge... Par ailleurs, une voiture aurait été touchée par un projectile de la police, rue Marceau ; grenade lacrymogène propulsée ? ou tir et ricochet d’une munition de LBD40 ? On parle également d’une vitrine de pharmacie brisée par les Gendarmes Mobiles.

Nous sommes un certain nombre de Street Medics à avoir été séparé-es des gens se repliant sur l’avenue de Grammont, aussi nous n’avons que peu, voire pas d’info sur ce qu’il s’est passé là bas après la charge de la Police Nationale.

Le dispositif policier

Nous avions en face de nous la CDI (Compagnie Départementale d’Intervention), la BAC (Brigade Anti Criminalité) et les GM (Gendarmerie Mobile). Contrairement à ce qu’on entend régulièrement, les grenades lacrymogènes sont les mêmes que d’habitude (mêmes lots, mêmes dates de fabrication) et le gaz qu’elles contiennent est le même depuis le début du mouvement GJ à Tours. Il s’agit en majorité de grenades lacrymogènes MP7 et de quelques grenades lacrymogènes PLMP7 (qui sont quasi identiques aux MP7). Les GM ont également tiré ce samedi un certain nombre de grenades lacrymogènes CM6, qui ont noyée la place Jean Jaurès sous un opaque nuage de gaz.

On notera la reprise coup de poing de la place Jean Jaurès par les GM à grands coups de grenades lacrymogènes et de LBD40 dans tous les sens, et la charge avec véhicules de la Police Nationale sur les manifestant-es rassemblé-es en haut de l’avenue de Grammont.

Une camarade Street Medic s’est faite menacer par un policier de la BAC alors que son équipe interpellait quelqu’un et qu’elle tentait une approche. Les brassards policiers était absents ou non visibles. Le policier en question l’a menacée avec sa matraque télescopique, lui hurlant de « dégager ». La camarade a fini par reculer doucement, échappant donc probablement à des coups de télesco et à l’interpellation...

Illustration : un street medic à Paris pendant la manifestation du 8 décembre. Photo par le collectif La Meute.


P.-S.

La page Facebook du collectif est accessible ici : https://www.facebook.com/StreetMedicTours


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