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Vivons heureux en attendant la prochaine réforme de l’éducation

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Haineusement destiné à ceux qui réforment l’éducation à tout va, la présente diatribe est une éclaboussure en forme de gerbe déposée avec humilité sur la tombe improbable du talent inconnu mort au champ d’honneur des salles de classe, alors que pète en soie le faux talent reconnu de notables qui eux savent plus que les autres ce que doit être l’art d’apprendre.

S’il vous plaît, messieurs les rempailleurs de vieux mythes scolaires, réformistes de tout poil et conspirateurs de nouveautés, voyez les choses en face. Vous n’existez pas. Vous êtes figés. Vous êtes gelés. Surgelés.

Alors, je vous le demande, allons nous encore vous laisser nous servir le réchauffé éducatif que vous marinez depuis des années ? Ras le bol les ravaleurs besogneux du talent des autres. Il y en a marre des discours culs-pincés des soi-disant détenteurs de la vérité pédagogique qui se vautrent sans vergogne sur les cadavres de la République des hussards noirs comme de la pédagogie nouvelle dont ils sucent le sang séché jusqu’à nous faire vomir, après quoi, pédants et pontifiants comme de vieux marquis trop poudrés, ils courent pérorer dans les colloques, expliquant leur vampirisme en hurlant à tous les vents que « le niveau baisse » et s’offusquant hypocritement de ce qu’ils appellent « le désert culturel de cette génération ».

C’est faux. Bande de nécrophages. Il n’y a aucune raison logique pour qu’il y ait moins de talent et de connaissances chez les élèves au XXIe siècle qu’au siècle précédent. Ce qui est vrai, c’est que des vautours salonnards ministériels sous-doués, sans autre imagination que celle des études dont ils commandent les résultats, détiennent abusivement les clefs de l’ordre didactique dans ce pays, et qu’ils préfèrent crever que de laisser la moindre chance d’exister à ceux qu’ils considèrent comme des tas d’infirmes culturels sous-enseignés et sous-enseignants et qui, eux, se cassent les couilles et l’âme devant les portes closes de proviseurs loyaux ou d’inspecteurs serviles engoncés dans leur conformisme fossile comme des fémurs de mammouths dans la banlieue de Verkhoïansk.

Parce que vos noms quelconques scintillent présentement au firmament d’éditions scolaires, vous vous croyez peut-être, messieurs les rempailleurs de vieux mythes scolaires, réformistes de tout poil et conspirateurs de nouveautés, au bord de l’immortalité. Vous vous trompez. De même qu’il y a des enfants précoces, il y a des vieillards précoces. Alors même qu’il vous semble vous hisser glorieusement au pinacle de la pédagogie retrouvée qui sauvera votre régiment et sans doute le pays, vous ne faites en réalité, que dégringoler doucement dans les charentaises du troisième âge. Rien qu’à vous voir téléperorer à chaque nouvelle annonce des résultats des enquêtes PISA, on a envie de vous ôter la prostate.

Mais de grâce, prenez votre retraite, allez réchauffer vos vieux os dans un mouroir à pédagos racornis, allez voir à la MGEN si j’y suis. De toute façon, pour vous, c’est râté, pépères : dans l’état ou vous êtes, vous ne seriez même pas capables de déverser votre logorrhée plus de dix minutes sans vous faire conspuer. Mais regardez-vous. Vous êtes déjà incontinents. Loin de vouloir changer la société, vous faites Molière sous vous.

Ah ! cornegidouille, si j’étais le bon Dieu ou Alexandre Benalla, si, au lieu d’être ce misérable bipède essentiellement composé de 65 % d’eau et de 35 % de bas morceaux, je détenais la Toute-Puissance Infinie, ah ! avec quelle joie totale j’userais de ma divine volonté pour vous aplatir, vous réduire, vous livrer à des CRS confondus, vous écrabouiller à coups de copies non corrigées, vous lyophiliser en poudre de perlimpinpin ou vous transformer en rasoirs jetables. Ah ! certes, vous êtes durs à jeter, mais qu’est-ce que vous rasez bien.

Alors que se succèdent sur des bancs usés des générations de mal-apprenants qui gardent la mémoire d’une école où ils survivent avec ceux qui la font, vous, ridicules oiseaux pique-boeufs, coincés dans un consumérisme scolaire crevard, dans des salons blafards, ou des idées rabougries, vous goinfrant à l’oeil sur le dos du mammouth, vous ne laisserez pas plus de traces dans le souvenir éducatif de l’humanité que le photocopieur IBM qui vous sert de seul et unique talent.

D’après l’inénarrable Pierre D. Illustration : © Gallica — [Cérémonies militaires à l’école de Saint-Cyr l’École] : [photographie de presse] / [Agence Rol].



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