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Un militant antifasciste convoqué au tribunal suite à la manifestation du 6 avril

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Le 6 avril 2014, à l’appel du Collectif antifasciste tourangeau, environ 200 personnes avaient manifesté contre la tenue d’un « Jour de colère » à Tours. Un des participants à cette manifestation fait aujourd’hui l’objet de poursuites judiciaires.

La manifestation organisée par « Jour de colère 37 » à Tours avait été annulée par les organisateurs, mais la contre-mobilisation antifasciste avait été maintenue. Le cortège avait rejoint différents lieux où l’extrême-droite locale avait commis des agressions, et s’était notamment arrêtée devant l’ancienne boutique de Pierre-Louis Mériguet, chefaillon du groupuscule d’extrême-droite locale Vox Populi. Quelques œufs de peinture verte avait été projetés contre la façade du magasin de fringues anglaises, dont on peut encore voir les traces aujourd’hui. Ce qui avait conduit à une charge des flics en tenue anti-émeute postés devant la boutique, qui avaient généreusement balancés des coups de tonfa et de lacrymos.

Deux mois plus tard, un des militants présents à la manifestation a été convoqué au commissariat de Tours. Il lui est reproché d’avoir « volontairement dégradé des effets vestimentaires et équipements de maintien de l’ordre de 6 fonctionnaires de police au préjudice du Ministère de l’Intérieur » (un peu de peinture avait bavé sur les flics présents) et d’avoir « dissimulé son visage afin de ne pas être identifié dans des circonstances faisant craindre des atteintes à l’ordre publique » . On se demande comment ce militant a pu être identifié comme étant l’auteur des jets d’œufs de peinture, alors qu’il lui est également reproché d’avoir été masqué... Mais pas de problèmes pour les fins enquêteurs de la police tourangelle : l’un des policiers assure que son regard suffit pour le confondre.

Avant de le laisser quitter le commissariat, les flics lui remettent une convocation : il lui est demandé de se rendre au tribunal de police de Tours le 9 septembre 2014, à 14 heures, pour répondre des deux chefs d’accusation cités plus haut.

Le zèle de la police pour retrouver ce militant accusé d’avoir projeté de la peinture est à comparer à l’inaction des flics suite à la manifestation de Vox Populi du 11 novembre 2013. Ce jour-là, Pierre-Louis Mériguet avait éclaté une chaise sur le visage d’une personne qui suivait la marche aux flambeaux des petits fascistes locaux. L’agression avait eu lieu devant un cordon de policiers (qui l’avait complaisamment laissé passer) et avait été filmé par toutes les chaînes de télévision locales. Mais aucune poursuite n’avait été engagée contre Mériguet.

Manifestement, tous les militants ne sont pas égaux aux yeux de la police et de la justice. Le témoignage du militant poursuivi par la justice est disponible sur le site du CAR.


P.-S.

Suite à la manifestation du 6 avril, le délégué départemental de Solidaires avait également été convoqué au commissariat de Tours.


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