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Sélection à l’université : la catastrophe qui vient

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Le projet de loi « relatif à l’orientation et à la réussite des étudiants » va organiser la sélection des lycéens et lycéennes à l’entrée des universités, loin de l’idéal de démocratisation de l’accès à l’enseignement supérieur. Pascal Maillard en offre une analyse intéressante sur son blog Médiapart. Extraits.

« C’est donc ce 12 décembre que les parlementaires ont commencé à étudier en première lecture le projet de loi « relatif à l’orientation et à la réussite des étudiants ». C’est aussi ce 12 décembre que le ministère de l’enseignement supérieur a mis en ligne sur son site les attendus nationaux qui définissent les critères d’accès dans toutes les licences. Parallèlement les binômes professeurs principaux se mettent en place dans les lycées alors que les universités planchent, en ce moment et dans l’urgence, sur la définition des capacités d’accueil de leurs différentes composantes et sur la déclinaison locale des attendus et des éléments pris en compte pour l’examen des vœux des lycéens. »

« On imaginait que les attendus allaient être plutôt exigeants, mais, comme beaucoup d’autres collègues, les bras m’en sont tombés quand j’ai pris connaissance de ce « cadrage national des attendus pour les mentions de licence ». Avant de parcourir les 48 pages du document, je suis évidemment allé à la mention qui m’intéresse le plus : les Lettres, une discipline que j’enseigne depuis 25 ans à l’université, du niveau L1 au master 2. Mon constat est simple : si ces attendus devaient être appliqués, les deux tiers des étudiants de première année de Licence que j’ai en cours ne devraient pas être inscrits, ou bien ne pourraient l’être qu’après une formation complémentaire d’au moins une année. »

« Les professeurs de lycée (...) devront se transformer en prophètes lorsqu’ils devront mettre des "avis prédictifs" sur chaque voeu d’élève lors des conseils de classe en Terminale. Comme si le parcours d’un élève était prévisible ou programmable, réductible à un profil. Comme si les enseignants pouvaient devenir des conseillers d’orientations et avoir une connaissance de l’ensemble des filières du supérieur. Le prédictible, le profilage et la science infuse : voilà la catastrophe qui vient. Alors que la vie est faite d’inconnu. Alors qu’il n’existe aucun savoir sans reconnaissance du non-savoir. Alors que tout système éducatif doit comprendre et accepter l’inconnu et l’incertitude, le droit à l’erreur et donc à la réorientation. Et la liberté de choisir ! »

A lire en intégralité sur le blog Médiapart de Pascal Maillard.



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