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Portraits de militants tourangeaux : Georges Rétif

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Parce que nous ne devons pas oublier celles et ceux qui se sont battus pour la cause ouvrière et contre l’oppression, série de portraits de militants tourangeaux. Anarchistes, syndicalistes, socialistes, ils ont lutté pour une société meilleure, plus juste et égalitaire.

Georges RÉTIF, né le 22 mars 1860 à Vernou (Indre-et-Loire) d’un père menuisier et d’une mère couturière ; mort le 4 août 1899 à Tours (Indre-et-Loire) ; marié, trois enfants ; coiffeur ; d’abord socialiste puis anarchiste d’Indre-et-Loire.

C’est en 1880 que Georges Rétif quitte Vernou pour s’installer comme coiffeur à Tours.

Dès 1881 il s’associe aux socialistes de Tours, organisant en 1884 plusieurs réunions publiques à propos des chômeurs et de la conquête des pouvoirs publics ; allant jusqu’à être présent sur la liste municipale emmenée par Losserand en 1888 au travers d’une campagne axée autour de « la lutte des classes ».

L’année suivante, il participe, comme syndicaliste, au Congrès possibiliste de Paris, salle Lancry [1]. Peu après, il radicalise sa position et finit par « diriger » le groupe d’études sociales « La sentinelle ».

En 1891, il est considéré par les forces de police comme anarchiste et c’est à ce titre qu’il participe, le 1er mai 1891, au meeting de protestation contre les fusillades de Fourmies et pour demander aux pouvoirs publics l’amnistie pour les condamnés. C’est Lebrel, ami de Rétif, qui demande que « Les révolutionnaires de Tours prennent l’engagement de s’organiser pour prendre la revanche des fusillades et venger les morts de Fourmies » et un autre compagnon de Rétif, Ebrel, de rajouter : « les socialistes ne sont pas des hommes (...) ce qu’il faut à la France, c’est un 89 ouvrier ».

Deux ans plus tard, les forces de police le présentent comme le « chef » du groupe libertaire de Tours. Il préside alors les réunions de compagnons, fait le lien avec les anarchistes de Paris ou de Nantes, par correspondance (comme avec Sébastien Faure) ou en donnant asile aux camarades de passage (Rienner et Liard). Logeant Boulevard Thiers, c’est là qu’il recevait Le Père Peinard et Le Révolté, journaux dont il faisait profiter les compagnons de Tours.

En 1893, il a été candidat anti-parlementaire des anarchistes aux élections législatives de la 1re circonscription de Tours, obtenant 51 voix.

En 1894, son domicile est perquisitionné lors des descentes de police faisant suite à la votation de la dernière des lois dites « scélérates » [2], conséquence de l’assassinat du président de la République par un anarchiste. On y trouvera plusieurs centaines de brochures, journaux, affiches. L’année suivante, il verse 500 francs au comité de Paris pour la propagande.

Animateur et promoteur de la plupart des meetings et causeries contradictoires, doué d’une grande éloquence d’après les forces de police, organisateur du premier groupe libertaire de Tours, il décédera en 1899 d’une fluxion de poitrine. Rétif laisse à sa mort un groupe anarchiste de presque une trentaine d’habitués, parmi lesquels une vingtaine d’actifs, et comptant une quarantaine de soutiens.


P.-S.

Sources : Archives Départementales d’Indre-et-Loire


Notes

[1Le « possibilisme » est un socialisme réformiste qui voit dans le municipalisme l’outil de transformation progressive de la société. Dès 1890, la plupart des possibilistes deviennent républicains.

[2Ces lois, abrogées le 23 décembre 1992 (sic !), avaient comme objectif de réprimer le mouvement anarchiste en visant explicitement sa propagande.

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