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Métropole et ville de Tours : les grévistes fiers de leur action

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Jeudi 15 février, après une semaine de grève et d’actions diverses, les grévistes de Tours Métropole et de la ville de Tours ont voté la reprise du travail pour le lendemain, après avoir obtenu le maintien de leurs jours de congés d’ancienneté [1].

Depuis plusieurs années, des agents ont été transférés de leur commune d’origine vers Tours Métropole, avec bien des disparités quant aux congés et aux primes. Par souci d’« harmonisation », la direction de la métropole avait annoncé qu’il n’y aurait désormais plus de congés d’ancienneté du tout ! Pour les anciens de Tours, les plus nombreux, cela voulait dire jusqu’à cinq jours de congés en moins.

Le 1er février, lors d’un rassemblement de 800 personnes en heure d’information syndicale, la grève avait été décidée à partir du 8 février. Elle a donc duré une semaine, pendant laquelle tous les jours, malgré la neige et le froid, 200 à 300 grévistes se sont retrouvés pour faire le point, discuter de la suite et participer aux actions. Le matin à 5h30, plusieurs dizaines d’entre eux ont fait des piquets de grève à l’entrée des différents dépôts de la collecte des ordures ménagères. Ensuite ils se répartissaient entre le service de la propreté urbaine et celui des égoutiers.

Lundi 12 février, ils sont allés devant le siège de Citya, 3e réseau français immobilier, dont le propriétaire, Philippe Briand, est en même temps président de Tours Métropole. Briand est classé par le magazine Challenges comme faisant partie des plus grandes fortunes de France. Que ce soit justement ce propriétaire d’une grande fortune qui veuille s’en prendre à leurs congés était ressenti comme une provocation de plus par ces travailleurs, dont les salaires, pour la majorité, sont au niveau du smic ou à peine au-dessus.

Des rippeurs le poing levé

Au bout d’une semaine, la direction a reculé : tous les agents de la métropole ont droit désormais aux cinq jours d’ancienneté. Les agents des 22 communes qui, dans l’avenir, seront transférés à la métropole y auront droit aussi. Une ombre au tableau cependant, ces acquis ne s’appliqueront pas aux nouveaux embauchés.

Pour aller plus loin, obtenir que les nouvelles recrues aient les mêmes avantages, il aurait fallu être plus nombreux, et les travailleurs ont donc décidé de suspendre la grève.

Avec ce mouvement, la résignation a fait place à la conviction qu’ensemble on a les moyens de se défendre. La reprise s’est faite avec fierté pour la lutte menée, sentiment symbolisé par le poing levé des rippers partant faire la première collecte d’après grève, dans une agglomération qui commençait à s’apercevoir que, sans leur travail, les ordures débordent vite le cadre qu’on leur assigne !



Notes

[1Compte rendu tiré du journal Lutte ouvrière.

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