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Les CRS de Tours envoyés à Calais pour participer au harcèlement des exilés

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La CRS 41, basée dans l’agglomération tourangelle, passera une partie du mois de décembre à Calais, où la police se livre quotidiennement à la destruction des biens et des abris des migrants.

A l’occasion du départ du commandant Stéphane Simon, chef de l’unité de CRS installée à Saint-Cyr-sur-Loire, on apprenait dans La Nouvelle République (01/12/2017) que les policiers qui font partie de cette unité passeraient le mois de décembre entre Calais et le Touquet. Au Touquet, la mission consistera à « surveiller la maison du couple présidentiel ». A Calais, il s’agira probablement de participer à la politique de harcèlement des personnes exilées qui tentent de passer en Angleterre.

Une stratégie de harcèlement et d’épuisement

Dans un « état des lieux sur les destructions des abris des migrants à Calais » publié le mercredi 6 décembre [1], l’association L’Auberge des migrants dénonce « les opérations de "confiscation" d’effets personnels et de destruction d’abris précaires des exilés » auxquelles participent les CRS envoyés dans le Calaisis. Lors de ces opérations, les sacs, les duvets et les tentes sont confisqués en vue d’être détruits. Des documents d’identité, des téléphones, et même des médicaments sont également confisqués ou détruits. L’association cite Brice Benazzouz, coordinateur à Médecins du Monde :

« Nous avons depuis quelques semaines des retours que nous n’avions que très peu avant : la confiscation ou destruction de médicaments. »

Parfois, les policiers se « contentent » de gazer les objets. Ou bien ils cassent, parfois à coups de couteaux, laissant derrière eux les débris des bâches, couvertures, sacs de couchage ou tentes. Ces destructions et confiscations, menées par les CRS et la police nationale, empêchent les exilés de se protéger contre le froid, alors qu’aucune solution d’hébergement adaptée n’est proposée. Dans son état des lieux, l’association s’élève contre « une stratégie de harcèlement et d’épuisement » qui oblige les exilés à survivre dans des conditions indignes.

« On était en train de se construire un abri pour la nuit avec des couvertures, des bâches, des branches. A ce moment-là, la police est arrivée, avec leur spray à la main, et nous a dit de partir :"Allez, dégage, dégage". Ils ont tout détruit, et tout ramassé. Ils ne laissent vraiment rien pour être sûr que l’on ne reconstruise pas d’abri après. Ils ont même pris le bois que l’on utilise pour se chauffer et notre nourriture. »
Un afghan, le 10 novembre 2017

Heureusement, le commandant Simon l’assurait à la NR : parmi les hommes de la CRS 41, « l’ambiance est bonne »...

Illustration par Squat Le Monde (CC BY-NC-ND 2.0).



Notes

[1Cet état des lieux peut être téléchargé à cette adresse.

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