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Grève en neurochirurgie : « Nous refusons de devenir des robots du soin »

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Dans une lettre ouverte, le personnel de neurochirurgie du CHRU de Tours, en grève depuis le 28 décembre 2017, réclame des postes pour assurer une prise en charge optimale des patients, et critique le plan de restructuration de l’hôpital qui prévoit des fermetures de lits au sein du service.

Nous ne sommes pas des gestionnaires d’entreprises, nous sommes des soignants ! Nous avons pour la plupart d’entre nous choisi notre métier. Nous avons également choisi de l’exercer au sein de l’hôpital public, pensant nous libérer de la commercialisation des soins. Malheureusement les politiques en ont voulu autrement et aujourd’hui nombreux d’entre nous dénonçons l’avènement de l’hôpital entreprise !

Au CHRU de Tours, le plan de restructuration des services a commencé, caché derrière le « doux » nom de Nouvel Hôpital Trousseau – horizon 2026. Il va engendrer la fermeture de nombreux lits et la suppression de trop nombreux postes de soignants, dont six lits et douze postes en neurochirurgie. C’est pourquoi nous sommes en grève depuis le 28 décembre dernier. Dans le cadre de ce mouvement, nous avons alerté la population tourangelle qui nous a apporté un grand soutien lors de nos manifestations via les signatures de pétitions et leurs très gentils commentaires et témoignages sur la qualité des soins au sein du service. Ces différentes actions ont permis l’obtention de trois ETP (équivalent temps plein) correspondant à deux postes.

Nous avons également fait parvenir un courrier et une demande de rendez-vous à Madame Buzyn, ministre de la santé, et à Monsieur Bouchet, maire de Tours et président du conseil de surveillance du CHRU de Tours. Si Madame la ministre n’a toujours fait aucune réponse à notre courrier, nous avons pu rencontrer Monsieur Bouchet. Nous avons pu alors lui faire part de notre désarroi car malgré les deux postes obtenus, ils ne sont toujours pas suffisants pour assurer une prise en charge optimale et la sécurité de nos patients, il en faudrait encore deux de plus.

Dans notre service, nous prenons en charge des patients avec des pathologies touchant aussi bien la colonne vertébrale que le cerveau. Ces interventions ont donc un impact important sur leur autonomie et à juste titre sur leur niveau d’angoisse. Ils ont besoin de beaucoup d’attention, d’écoute et d’aide dans les gestes du quotidien. Les soins apportés à nos patients nécessitent une grande asepsie pour éviter les infections et c’est pour cela que nous réclamons un poste d’aide soignant et d’agent de service supplémentaire.

Ces deux demandes ont reçu une fin de non recevoir de la part de notre direction. Lors de notre rencontre avec Monsieur le maire, nous lui avons fait également part de la souffrance des personnels soignants, souffrance largement accentuée par la perception de ne pas avoir le temps de faire notre travail correctement et l’augmentation de notre charge de travail liée à la suppression des postes ne va faire qu’accentuer ce sentiment. Nous sommes des soignants et nous refusons de devenir des robots du soin. C’est pourquoi nous avons demandé spécialement à Monsieur Bouchet dans le cadre de sa fonction de président du conseil de surveillance d’intervenir en notre faveur. Mais visiblement, il n’a pas entendu nos demandes et notre souffrance puisque le discours tenu était qu’il n’avait pas les moyens d’interagir sur la gestion du CHRU (dommage au vu de sa fonction).

Au contraire, nous sommes convaincus qu’il peut intervenir contrairement à ce qu’il sous-entend. Et pour toutes ces raisons que nous avons décidé de continuer la grève. Une nouvelle fois nous nous adressons au président du conseil de surveillance, à la directrice de l’ARS (Agence Régional de Santé) et à la ministre. Pour la qualité de notre travail il nous faut un poste d’aide-soignante et un poste d’agent des services hospitaliers.

De plus, devant la communication de notre direction qui dénonce un « hôpital bashing », nous tenons à dire que c’est parce que nous aimons notre hôpital que nous nous battons pour lui et que nous refusons que les intérêts économiques se fassent au détriment de la santé des patients que nous côtoyons chaque jour.

Les personnels du service de neurochirurgie



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