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Grenoble, laboratoire de l’ensauvagement ?

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Depuis quelques semaines, la ville de Grenoble et ses habitant-es subissent une vague d’offensives de la préfecture contre tout ce qui refuse encore de rentrer dans les rangs. Cette offensive répond à un calendrier précis : celui du début de la campagne municipale et de la tentative de retour en grâce de l’ancien maire : Alain Carignon. Analyse proposée par des camarades.

Grenoble est une ville combative aux contours politiques multiples, riche d’histoires de luttes victorieuses et complexes, une ville nouvelle du XXème siècle que la bourgeoisie classique n’a pas pu pénétrer dans les profondeurs ; elle possède par conséquent un fort héritage ouvrier. Grenoble s’est aussi construite avec une immigration italienne puis maghrébine qui s’impriment aujourd’hui dans l’ambiance de la ville. Grenoble est enfin une cité faite de nombreuses expérimentations sociales et politiques, des villes neuves des années 70 aux mouvances libertaires et féministes du début du 21ème siècle, et imprégnée d’un tissu associatif historiquement dynamique. Grenoble est donc une ville atypique, rebelle en certains points où foisonnent des vies et des initiatives qui débordent du cadre métropolitain imposé dans les villes modernes. En bref, Grenoble est tout ce que déteste l’ordre.

Depuis maintenant plusieurs semaines, nous, Grenobloises et Grenoblois, subissons une vague d’offensives de la préfecture contre tout ce qui refuse encore de rentrer dans le rang. Tout ce qui traîne tard dehors, dérange, confronte, et met singulièrement les vies bien réglées de certain·e·s en insécurité. Une offensive qui répond à un calendrier bien précis : celui du début de la campagne municipale et de la tentative de retour en grâce d’un ancien maire - emprisonné pour corruption - Alain Carignon.

Car Grenoble, seule ville conséquente ayant portée au pouvoir une mairie étiquetée « gauche radicale », est secouée depuis deux ans par un tourbillon médiatique national entre règlements de compte, coups de couteau et incendies volontaires, jusqu’à parler du « Chicago français ». L’objectif pour les réactionnaires en exil, le préfet et les procureurs, est donc de mettre la sécurité au premier plan de l’agenda médiatique de l’année à venir et construire le désir du retour à l’ordre républicain dans la ville.

Nous souhaitions faire le point sur la situation, à l’heure où la mairie ferme un bar militant et antifasciste - l’Engrenage - et où la préfecture lance une procédure administrative sur un squat politique d’activités de St-Bruno - le 38, Centre Social Tchoukar. Parce que cette offensive des pouvoirs publics sur ce qui déborde n’est probablement qu’un début et qu’elle risque fortement de nous enjoindre à tenir tête et front face à ce qui nous intime de courber l’échine. Et que nous ne nous laisserons pas faire.

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