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En 2017, 34 personnes sont mortes en croisant les « forces de l’ordre »

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D’après le site Bastamag, 18 personnes ont été abattues par arme à feu et 16 sont mortes suite à une intervention des policiers ou des gendarmes.

Le journal Bastamag a effectué le décompte des personnes tuées par des policiers ou des gendarmes en 2017. Et relève que « la moitié des personnes abattues l’ont été par des policiers en dehors de leur service ».

Dans le cas des neuf autres personnes abattues lors de mission traditionnelle de maintien de l’ordre, cinq n’étaient pas armées, trois étaient armées d’une arme blanche (couteaux), une avait ouvert le feu sur un policier – le 26 septembre, lors de l’expulsion d’un logement à Draguignan (Var). En plus de ces 18 personnes tuées par balles ou par flashball, 16 personnes sont mortes des suites d’une intervention policière en 2017.

Trois sont décédées pendant leur garde à vue suite à un malaise : un motard arrêté pour excès de vitesse meurt dans sa cellule du commissariat d’Arpajon (Essonne) le 3 juillet ; un jeune homme de 16 ans issu de la communauté des « gens du voyage » décède pendant sa détention dans une gendarmerie en Charente le 13 octobre ; un Espagnol d’origine sénégalaise de 24 ans meurt des suites d’une asphyxie après avoir été interpellé à Paris le 22 novembre.

La publication de ce décompte intervient alors que les juges en charge d’enquêter sur la mort de Rémi Fraisse, tué par un gendarme en octobre 2014, ont rendu une ordonnance de non-lieu. Pour la justice, ni le gendarme auteur du jet de grenade mortel, ni sa hiérarchie, n’ont commis de faute. «  Cela revient à donner un permis de tuer aux forces de l’ordre », a réagi la famille de Rémi Fraisse dans un communiqué. Dans un article de Médiapart (réservé aux abonné-e-s), les journalistes relèvent que les juges ont tout fait pour enterrer l’affaire.

Pendant près de trois ans, les avocats de la famille Fraisse ont demandé aux deux juges d’instruction de remonter la chaîne de responsabilités. Mais les magistrates ont confié les investigations à des gendarmes, qui ne bousculent pas trop leurs collègues et officiers supérieurs (ce qui peut se comprendre), alors qu’ils se montrent parfois désagréables – voire menaçants – avec certains témoins. Sans surprise, l’Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) dédouane ses hommes, qui n’auraient commis aucune faute pendant cette nuit de violences à Sivens, même si le tir en cloche d’une grenade offensive n’est pas réglementaire.

Debout sur les freins, les juges toulousaines refusent d’organiser une reconstitution sur les lieux du drame, puis d’entendre le préfet du Tarn. La partie civile avait sollicité l’audition de Thierry Gentilhomme, alors préfet du Tarn, ainsi que la transmission de ses communications écrites avec les gendarmes et l’exécutif national la nuit du 25 au 26 octobre 2014, en ciblant Beauvau, Matignon et l’Élysée. Cela aurait permis de retracer heure par heure les ordres donnés cette nuit-là (dont les consignes de fermeté évoquées par un officier), ainsi que les informations dont disposaient les autorités avant et après la mort de Rémi Fraisse. Quant aux demandes d’actes sur la légalité de l’usage des grenades offensives, ou le caractère privé des terrains de Sivens où les forces de l’ordre ont été déployées en masse, elles sont également rejetées, comme toutes les questions qui fâchent.

Cette décision est exemplaire de l’impunité dont bénéficient les crimes policiers. Comme le relevait le site Streetpress dans une enquête sur les victimes de la police :

« En 10 ans, au moins 47 hommes désarmés sont décédés après avoir subis des violences des forces de l’ordre. Seul trois affaires ont abouti à la condamnation d’un fonctionnaire. Jamais de prison ferme, uniquement du sursis. »



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