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Chronique d’une année scolaire : Blanquer ment, dois-je lui faire confiance ?

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En pleine montée de la contestation contre le projet de loi Blanquer, dit projet de « Loi pour l’ école de la confiance », je ne peux m’empêcher de relever les mensonges que le ministre répand dans sa prose.

Depuis quelques semaines, la grogne monte au sein des écoles, tant du côté des enseignant-es que des familles. Alors, face à la fronde qui s’annonce, Blanquer tente de rassurer ses ouailles. À commencer par les directeurs et directrices d’école et les professeur-es. Seulement, le ministre ment.

Nous pouvons ainsi lire dans sa lettre adressée à « mesdames et messieurs les directeurs d’école », en date du 2 avril, ces propos :

Nous souhaitons en effet que les modalités de création d’un EPLESF [1] soient similaires à la procédure utilisée pour déterminer les rythmes scolaires de vos écoles. L’accord de la municipalité et du conseil d’école sera donc une condition nécessaire à la réalisation du projet.

Dans la commune où je travaille, les conseils d’école se sont prononcés contre le rythme scolaire à 4,5 jours. La municipalité a cependant appliqué ce rythme. Blanquer ne maîtrise a priori pas la fonction sémantique de la conjonction de coordination et, ou alors il ment.

Autre exemple de mensonge éhonté que nous trouvons dans sa lettre adressée aux enseignant-es, en date du 29 mars :

J’ai aussi pris l’engagement d’une amélioration du taux d’encadrement à l’école primaire dans chaque département de France et à chaque rentrée de 2017 à 2022.

Comment s’engager à améliorer le taux d’encadrement sans mettre en œuvre un plan de recrutement ? Dans l’école où je travaille, les effectifs n’ont cessé d’augmenter. Les élèves sont de plus en plus nombreux, le nombre de postes d’enseignant-es, lui, n’a pas évolué. Deux ans déjà que nous travaillons avec une moyenne de plus de 26 élèves. L’année prochaine s’annonce identique, voire pire. Car les doublements des classes de CP et de CE1 en Réseau d’éducation prioritaire ont pour conséquence immédiate de faire grimper les effectifs des écoles voisines. Quand le quota de 14 élèves est atteint en REP, les élèves en surnombre sont accueillis dans les écoles de proximité hors REP.

Deux exemples criant de mauvaise foi voire de mensonge éhonté de la part de ce ministre qui conclut ses courriers avec ces jolies paroles : Avec toute ma confiance.

Personnellement, je ne lui fais pas confiance.

Deca



Notes

[1Ces établissements publics locaux d’enseignement des savoirs fondamentaux sont apparus au détour d’un amendement émanant d’une députée En Marche, lors de son examen en première lecture à l’assemblée nationale. Ils consistent à rassembler plusieurs écoles sous la houlette du collège de secteur afin de mutualiser les moyens, notamment humains dans le cadre de l’administration et de la direction.

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