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Brésil : ce que réserve Bolsonaro aux femmes, aux travailleurs, aux homos et aux noirs

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Le miracle que les Brésiliens humanistes espéraient encore la veille du second tour ne s’est pas produit : le candidat d’extrême-droite Jair Bolsonaro a été élu président avec 55 % des voix. Le site Bastamag propose un florilège des déclarations du nouveau président brésilien, qui donnent une idée de sa vision du monde.

« Si son programme de gouvernement et les mesures concrètes qu’il prendra demeurent encore flous, sa vision du Brésil – et du monde – ne l’est pas : il l’a déclinée tout au long de sa carrière politique, depuis trois décennies, par de multiples déclarations et provocations, que nous vous présentons ici. Le Brésil selon Bolsonaro, c’est un Brésil aux ordres, sous l’égide de Dieu, où ceux qui naissent riches et favorisés le demeurent, où tous les autres sont intimés de rester à la place que les dominants leur auront assignée.

Le Brésil « est un État chrétien, et si une minorité s’oppose à cela, alors qu’elle dégage ! Faisons un Brésil pour les majorités. Les minorités doivent s’incliner devant les majorités ! La loi doit exister pour défendre les majorités. Les minorités doivent s’intégrer ou tout simplement disparaître ! » Telle est, résumée par le nouveau président, sa vision de la société brésilienne [1] : une vision exprimée abruptement, sans habillage, par la litanie des citations et déclarations prononcées par Jair Bolsonaro tout au long de sa carrière politique, en tant que député de Rio depuis 28 ans puis lors de sa campagne présidentielle lancée depuis plus d’un an. »

Qui sont ces « minorités » qui doivent s’incliner sinon « dégager » ou « disparaître » ? Nous en faisons la liste ci-dessous : les femmes et les mouvements féministes, l’homosexualité et les mouvements LGBT, les Amérindiens, les Afro-descendants, les populations pauvres et les travailleurs. En clair : toutes celles et tous ceux qui ne daignent pas rester à la place que les classes dominantes – et blanches – leur assignent. Ceux qui sont considérés comme les alliés de ces « minorités » dans leur combat pour l’émancipation, ceux qui osent parler d’égalité, de droits à respecter ou d’environnement à protéger, figurent aussi en bonne place dans le viseur de l’ancien lieutenant de l’armée brésilienne : aux militants de gauche, de mouvements sociaux et d’organisations non gouvernementale, le nostalgique de la dictature militaire promet « l’exil ou la prison ». Quant aux « bandits » – les délinquants, ou présumés tels, des quartiers pauvres, pas les autres –, ce n’est même plus l’emprisonnement qui les attend, mais la mort, délivrée arbitrairement par une police toute puissante. »

Lire la suite sur Bastamag.



Notes

[1Lors d’un discours en février 2017, dans la ville de Campina Grande, État du Paraíba. Voir la vidéo ici : https://www.youtube.com/watch?v=nmApqz0OgAs.

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