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Au lycée Grandmont, « des conditions d’accueil peu propices pour préserver la santé des élèves et des personnels »

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Les conditions d’hébergement dans les internats du lycée Grandmont, qui accueillent plus de 400 élèves, sont pointées du doigt dans un rapport établi par l’inspectrice Santé Sécurité de l’académie d’Orléans-Tours.

« Les trois internats du Lycée Grandmont présentent des conditions d’accueil peu propices pour préserver la santé des élèves et des personnels chargés de veiller sur eux. » Cette phrase introduit la conclusion du rapport établi par Marie-Florence Egiole suite à une visite effectuée dans les locaux du lycée le 13 juin 2018. L’inspectrice poursuit en dénonçant « un manque de salubrité en raison de la quasi-omniprésence de plaques de moisissures », des défaillances au niveau des installations sanitaires, ainsi que des escaliers aux marches glissantes. De fait, début novembre, quand ce rapport a été communiqué aux membres du conseil d’administration du lycée, une assistante d’éducation a fait une chute dans les escaliers et a dû être arrêtée une semaine...

Le rapport, long de 19 pages, évoque d’abord des problèmes dans les circuits d’eau chaude qui durent depuis trois ou quatre ans. Si des travaux sont prévus par la région Centre-Val de Loire à compter de septembre 2019 (les régions sont responsables de la construction, de l’entretien et du fonctionnement des lycées), l’inspectrice évoque quand même « un risque de prolifération de légionnelles » et « des consultations des élèves et du personnel auprès des infirmières de l’établissement pour des rougeurs » liées à des températures excessives. Le rapport poursuit en relevant diverses infractions au code du travail : bureaux sans lumière naturelle, blocs sanitaires mixtes, lavabos et douches qui ne permettent pas de régler la température de l’eau, luminaires cassés, « colonies » de moisissures dans les chambres et dans les espaces sanitaires, etc.

Il a fallu l’insistance des élu-es du personnel au sein du conseil d’administration du lycée pour que les services de la région et l’inspectrice Santé Sécurité se déplacent. Le rapport établi par la collectivité recoupe par endroits le rapport de l’inspectrice mais pointe d’autres dysfonctionnements : infiltrations d’eau par les fenêtres, volets roulants défectueux, odeurs nauséabondes dans certaines chambres, VMC qui ne fonctionnent pas...

Ce rapport d’inspection est d’autant plus intéressant que le ministre de l’Éducation, Jean-Michel Blanquer, poursuit un objectif de développement des internats en France, sous prétexte de réduction des inégalités sociales et territoriales, mais avec une de ces arrière-pensées conservatrices dont il a le secret (« Il n’y aurait pas eu ces magnifiques histoires d’ascension sociale, notamment de petits paysans, s’il n’y avait pas eu les internats pour accompagner l’Ecole de la République », déclarait-il en septembre 2017). Dans un contexte où l’État contraint drastiquement les dépenses de fonctionnement des collectivités locales, difficile d’imaginer que les régions puissent faire beaucoup mieux que cacher la misère dans des établissements vétustes. En attendant, les gamins râlent, et les surveillant-es protestent en vain. On appelle ça « l’école de la confiance ».

Photo de classe au lycée Grandmont, 1969



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