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A Tours, les « policiers en colère » soutenus par l’extrême-droite

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Ce mardi 9 janvier, les policiers de Tours manifestaient une nouvelle fois devant le commissariat de la rue Marceau à l’appel du syndicat Unité SGP Police. Ils dénonçaient un soi-disant « manque de protection et de reconnaissance ». Une nouvelle fois, l’extrême-droite locale est venue les soutenir.

Cela deviendrait presque une habitude. Déjà, en mai 2016, quand les policiers de Tours s’étaient rassemblés contre la « haine anti-flics » dont ils se disent victimes, ils avaient été rejoints par des élus du Front National. Même chose ce 9 janvier : au moins trois élus du Front National étaient présents aux côtés des policiers rassemblés devant le commissariat de Tours. C’est Stanislas de La Ruffie, conseil régional FN, qui a mis en scène leur participation via son compte Twitter.

En s’affichant au côté des policiers, le Front National soigne son électorat. D’après le Centre de recherches politiques de Sciences Po, les membres de la police votent de plus en plus pour ce parti : en 2015, 51,5% des policiers et militaires ont déposé un bulletin Front national dans l’urne [1]. En 2017, l’IFOP, un institut de sondage, parlait même à ce sujet d’une « radicalisation » du vote des membres des « forces de sécurité » (policiers, gendarmes, militaires et gardiens de prison) [2]. En 2012, à l’occasion du congrès du Front National qui avait vu accéder Marine Le Pen à la présidence du parti, un flic de Tours avait d’ailleurs clairement exprimé sa sympathie pour les idées d’extrême-droite, dans une séquence restée célèbre.

A qui profite le « laxisme » ?

Dans leurs communiqués, les syndicats policiers et le Front National se rejoignent au moins sur un point : la dénonciation d’un supposé laxisme dont profiteraient les individus qui s’en prennent à la police. Ainsi, le secrétaire départemental d’Unité SGP Police réclame que « des peines de prison ferme soient appliquées pour les agressions ». Mais c’est déjà le cas, comme l’a montré l’affaire de la voiture de police brûlée quai de Valmy : dans ce dossier, plusieurs prévenus ont été placés en détention provisoire pendant de nombreux mois, et les peines prononcées sont allées jusqu’à sept ans de prison ferme [3].

En revanche, les policiers qui commettent des agressions sont le plus souvent relaxés, ou condamnés à des peines de prison avec sursis [4]. Et les violences dont ils se disent victimes sont souvent beaucoup moins « gratuites » qu’ils le prétendent. Dans deux des affaires survenues depuis le 1er janvier 2018 et mises en avant par les syndicats de police, la version des flics a été contestée par les témoins ou les victimes, parfois vidéo à l’appui [5].

Il n’empêche, les syndicats de police ont été reçus le 10 janvier par le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb. Celui qui, d’après Le Canard Enchaîné, en a « un peu marre de passer pour le facho de service ». Vu son bilan depuis son arrivée au gouvernement, on peut parier qu’il saura donner des gages aux policiers et à leurs alliés d’extrême-droite.



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