Quand La Nouvelle République fait tout pour décrédibiliser un mouvement

Hier dans La Nouvelle République, un journaliste a voulu tuer un mouvement de mobilisation. Dans cet article de type « compte-rendu » signé par Pascal Landré, la charge visant la lutte contre la loi Travail est violente.

Hier dans La Nouvelle République, un journaliste a voulu tuer un mouvement de mobilisation. Dans cet article de type « compte-rendu » signé par Pascal Landré, la charge visant la lutte contre la loi Travail est violente. Dès la première phrase, le journaliste sonne la fin du mouvement sans se donner la peine d’aller voir le nombre de personnes présentes à l’AG ou de se renseigner sur les effectifs de présents en cours.

« La grande majorité des étudiants du site des Tanneurs, à Tours, a retrouvé le chemin des amphis et des salles de cours hier matin. Suite aux accords passés vendredi soir entre les représentants des grévistes et la présidence de l’université, les étudiants absents n’étaient pas pénalisés. »

Plus loin, il indique que « la mobilisation était réduite à quelques dizaines d’étudiants ». Cette formulation laisse supposer que la mobilisation contre la loi Travail s’est essoufflée, en décrivant le nombre de personnes présentes à un pique-nique en centre-ville à l’heure du déjeuner... Comme si ce rassemblement pouvait donner la mesure de l’état de la mobilisation dans la ville. Parlant d’« irréductibles », ce « journaliste » loue la police qui aurait laissé ces manifestants tous seuls pour éviter des « risques d’affrontements » — laissant entendre que les personnes mobilisées place Anatole France souhaitaient en découdre.

« La police étant absente, sans doute pour éviter tout risque d’affrontement avec certains, les occupants bloquaient la circulation pendant une demi-heure, sous l’œil réprobateur des usagers qui sont restés sans tramway, entre l’avenue Maginot et la gare SNCF, jusqu’à 13 h 55. »

Cette dernière phrase montre qu’il n’a même pas pris la peine d’observer la scène qui se déroulait avant d’écrire son papier, ne notant pas les nombreuses manifestations de soutien des passants et automobilistes : klaxons, poings levés, etc.

Enfin, le plus grandiose est le rapprochement qu’il fait à la fin entre cette action et un caillassage du tram à Tours Nord.

« Alors que la circulation du tramway était interrompue, une rame était la cible d’un caillassage, entre les stations « Gentiana » et « Trois-Rivières », à Tours-Nord, à 13 h 20. »

Mais il faut noter que c’est le même Pascal Landré qui avait signé des articles contre les jeunes du quartier du Beffroi, qui avaient entraîné de très vives réactions d’habitant-es choqués par l’angle de ses papiers. Mise à jour : l’auteur de l’article a opéré une confusion entre Patricia Lange et Pascal Landré, due au fait que l’article était signé par les initiales P.L... Désolé.

Du grand journalisme, doublé d’une solide capacité d’analyse.


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