Notre-Dame-des-Landes : le grand bluff de Valls après la consultation

Le dimanche 26 juin, le gouvernement organisait une consultation en Loire-Atlantique pour tenter de légitimer son projet de construction d’un aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Mais cette consultation était contestée par tout le mouvement anti-aéroport, et les opposant-es au projet restent déterminé-es.

Un des objectifs essentiels du leurre démocratique de la consultation du 26 juin était de tenter de créer une brèche au sein du mouvement anti-aéroport. Il était nécessaire pour le gouvernement de fragiliser le front uni qui lui fait obstinément face afin d’espérer un jour expulser la zad et y mener de quelconques travaux. C’est au succès partiel de cette opération classique de dissociation que Valls a tenté de faire croire ce mercredi 29 juin à l’Assemblée nationale en déclarant :

« Je vois que certains des opposants au projet acceptent le verdict, je m’étonne que d’autres le contestent alors qu’il était incontestable. Donc à partir de ce moment-là, et en respectant bien sûr l’ensemble des procédures européennes et nationales, les travaux doivent commencer cet automne. »

En réalité, le butin est bien maigre. En cherchant un peu, on trouve bien quelques rares personnes à avoir contesté un jour publiquement le projet d’aéroport puis à avoir déclaré cette semaine qu’il faudrait respecter le « verdict » de la consultation. Mais elles se comptent sur les doigts d’une main. Qu’il s’agisse de Mme Royal, ministre et donc inféodée à M. Valls ; de M. Nicolas Hulot, figure médiatique qui tient à rester aussi lisse que possible ; ou encore de M. François de Rugy, politicien bien esseulé à force d’opportunisme éhonté, on ne voit de toute façon pas bien qui aurait pu miser sur leur fidélité ou sur leur engagement.

Pour le reste, contrairement à ce que cherche à affirmer le Premier ministre, ce ne sont non pas quelques « extrémistes » mais bien l’ensemble du mouvement anti-aéroport – associations, organisations, alliés syndicaux, comités locaux, élus et jusqu’aux représentants des Verts – qui contestent la légitimité de la consultation. Tous appellent en ce sens à poursuivre la lutte. C’est là le fait politique majeur à l’issue de ce scrutin pipé et l’affront dont M. Valls cherche à atténuer la portée. Et ce sont bien, aujourd’hui encore, non pas seulement les dits « zadistes » mais aussi les paysans et habitants historiques qui ont décidé de continuer à habiter, cultiver et défendre ce bocage.

Il faudra que le gouvernement s’y fasse : les opposants dans toute leur diversité n’envisagent pas une seule seconde l’idée qu’une opération d’enfumage aussi grossière puisse leur faire baisser les bras. Elle n’entame en rien leur détermination à s’opposer à la marchandisation du monde et à la destruction du vivant. Ils l’ont réaffirmé ce dimanche soir à la Vacherit dans une ambiance joyeuse et combattive. Nous ne doutons pas un instant qu’ils seront des dizaines de milliers à en faire la démonstration en actes si nécessaire.

Il n’y aura jamais d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes ! La zad continuera à fleurir !

Le groupe presse de la ZAD


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