Déviation de Jargeau : des nouvelles du collectif de lutte des Pierres qui roulent

La résistance s’organise contre la construction d’un pont permettant le franchissement de la Loire, au détriment de l’espace naturel classé patrimoine mondial de l’UNESCO et refuge des balbuzards. Des nouvelles de la semaine qui vient de s’écouler.

Lundi, la semaine a commencé en fanfare avec une action contre les travaux de déboisement sur l’île des Baffaîts, au milieu de la Loire. Plusieurs camarades se sont enchaînés à la machine, entraînant l’arrêt des travaux pendant plusieurs heures. L’occasion d’avoir de chouettes discussions sur l’écologie et le capitalisme avec le conducteur de l’engin, autour d’un café et d’une tarte tatin :) Jusqu’à l’arrivée d’une trentaine de nos amis de la gendarmerie et du PSIG Sabre, en treillis camouflage pour l’occasion ! Il faut au moins ça pour traverser la Loire quand même... Après négociation, les ami.e.s ont finalement quitté l’île sans que rien ne soit retenu contre elleux.

Mercredi, ce sont les deux porte-paroles nationaux d’EELV, Sandra Régol et Julien Bayou, qui nous ont rendu visites. Ils étaient accompagnés de plusieurs journalistes et photographes de la presse locale et nationale (AFP, RTL, RT France, France Bleue, ...). Après un accueil ferroviaire et solennel par l’esprit du Grand Balbuzard, nous avons entrepris une déambulation théâtrale à travers les lieux de la lutte, depuis la Plaine où se sont déroulés les rassemblements du mois d’août jusqu’à la saignée dans le bois de Latingy.

Différents arrêts nous ont permis de raconter les évènements, d’exprimer nos émotions et de nous réapproprier ces lieux martyrisés, mais que nous devons encore protéger contre l’asphalte qui les achèverait. Une manière de construire collectivement un récit commun à la fois sur les durs moments de ces dernières semaines et sur notre détermination à poursuivre la lutte contre la déviation et le pont, contre la métropole et son monde. Le soir même, nous étions à Mardié pour une nouvelle réunion publique. Salle comble réunissant plus de 70 personnes, richesse des échanges et des idées qui ont émergé, autant de preuves que nous sommes en train de lancer un véritable mouvement populaire et local de contestation et de réflexion face aux grand projets inutiles et imposés. Bref, après les réunions de Bou, Donnery et Vienne-en-Val, une incitation à poursuivre cette réappropriation communes des choses publiques !

Vendredi, c’est à l’inauguration de l’Agence Régionale de la Biodiversité, au Jardin des Plantes d’Orléans, que nous avons remis un tract en main propre au préfet du Loiret, avant de lui rappeler les illégalités commises par le département lors des travaux de déboisement. Nous avons ensuite pris la parole lors d’une table ronde afin d’interroger cette nouvelle institution sur son rôle concret dans la protection du vivant face aux bétonneurs, et pour rappeler le caractère illusoire des mesures compensatoires dont se targue le département, étude scientifique à l’appui [1].

Et puis samedi, c’est avec les ami.e.s d’ATTAC au château de Charbonnière, et avec celleux de Châteauneuf en transition, pour la Fête des Possibles, que nous avons poursuivi les belles rencontres.

Et on était même à Nancy, pour Vent de Bure, où notre balbuzard masqué était venu soutenir la lutte contre la poubelle nucléaire.

Balbu partout, béton nulle part !
Les Pierres qui roulent


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