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La CGT accuse le conseil départemental de stigmatiser les mineurs étrangers

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Dans une lettre adressée aux conseillers départementaux, l’Union départementale CGT d’Indre-et-Loire se dit « ulcérée » par le traitement de la situation des mineurs étrangers isolés.

La lecture du numéro « printemps été 2018 » du magazine du Conseil départemental Notre Touraine n’a pas laissé indifférents les militants syndicaux. Dans un courrier daté du 13 juin 2018 [1], Dominique Ménard, secrétaire du syndicat CGT du Conseil départemental, et Stéphane Deplobin, secrétaire général de l’UD CGT d’Indre-et-Loire, critiquent vivement le dossier consacré à l’accueil des mineurs isolés. Ils écrivent :

« Vous opposez, au nom du désengagement de l’État bien réel, l’accueil des mineurs isolés étrangers à la réalisation de la rénovation d’un collège, à l’aide aux communes ou à une augmentation de 11 points d’impôts du département. Vous pointez du doigt cette population de jeunes dans la plus grande souffrance et précarité, dans un magazine destiné à toute la population du département, sans aucune autre explication que la sinistre froideur des chiffres d’un budget. »

« Nous regrettons le plus vivement l’amalgame que vous faites entre immigration et difficultés économiques du département. Laissez à d’autres le soin de stigmatiser les immigrés et les pauvres. Il aurait été plus opportun, comme le fait la CGT, d’exiger du gouvernement qu’il assume toutes ses responsabilités vis-à-vis d’un accueil digne de tous les immigrés sur notre département avec les moyens humains correspondant. La solidarité étant une des responsabilités des départements, le gouvernement doit donner les moyens pour que ceux-ci puissent répondre à toutes leurs missions, en particulier aux missions de protection de l’enfance. »

Depuis plusieurs mois, le président du Conseil départemental ne cesse de se plaindre du coût que ferait peser l’accueil de ces mineurs sur le budget de la collectivité, au détriment de toute considération d’humanité ou de solidarité. Le traitement de ces jeunes par l’Aide sociale à l’enfance (qui dépend du Conseil départemental) est régulièrement dénoncé par les associations. Récemment, l’association Utopia 56, qui lutte pour l’intégration et l’hébergement solidaire des mineurs migrants, dénonçait sur Facebook les « mensonges » du département d’Indre-et-Loire, critiquant une campagne de communication dans les médias locaux (La Nouvelle République, Info Tours, 37 degrés) qui laissait croire à un accueil digne de tous les mineurs isolés étrangers, alors que « les faits relatés dans ces articles représentent des situations d’une infime partie des mineurs étrangers en Indre et Loire ».



Notes

[1Voir en document joint.

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