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Etat d’urgence, racisme, violences policières : interview de Maboula Soumahoro

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Une universitaire sortie d’une cité de banlieue parisienne, ce n’est déjà pas courant. Ne pas se définir comme militant-e tout en (co)organisant certains événements politiques et sociaux non plus. C’est probablement pour tout cela que le point de vue de Maboula Soumahoro sur l’état d’urgence, le racisme et les violences policières vaut le détour.

Née en 1976 dans une citée du Kremlin-Bicêtre (Val de Marne), Maboula Soumahoro est civilisationniste et maître de conférence à l’Université François Rabelais de Tours depuis 2009 et membre du Groupe de recherches anglo-américaines. Initiatrice du Black history month à Paris, ses recherches portent principalement sur les civilisations anglophones et les Etats-Unis (en particulier les diasporas). Un nouveau webzine tourangeau a réalisé un entretien avec elle. Extrait.

Un Canard dans la Marge : Vous avez participé, au sein du collectif de la marche des femmes pour la dignité (MAFED), à l’organisation de la Marche de la Dignité qui s’est tenue le 31 octobre 2015 à Paris. Pouvez-vous revenir sur cette initiative ?

Maboula Soumahoro :’est le MAFED qui m’a contacté, c’était une invitation. Parmi les femmes du MAFED, certaines venaient des Indigènes de la République, d’autres comme Sihame Assbague travaillaient sur la question du contrôle au faciès. Il y avait donc pleins de femmes que je connaissais déjà, qui m’ont parlé de ce collectif et qui m’ont invitée à se joindre à elles pour organiser cette marche. Je n’ai pas fait partie de l’organisation technique. Il y a eu beaucoup de réunions qui se sont tenues et d’emails qui ont été envoyés mais je n’étais pas investie dans cet aspect là. Mais lors des rencontres avec le public, j’ai toujours été invitée à parler et je l’ai toujours fait.

Nous avons donc participé à cette marche qui pour moi était importante. C’est la marche de la dignité et non la marche pour la dignité comme on l’entend souvent. On ne demandait rien, c’était une réaffirmation d’une dignité qui existe tout le temps mais qui est souvent oubliée. J’aimais bien l’inscription de cette marche dix ans après les événements de 2005, les thématiques comme les violences policières, la question du racisme, la question du rapport aux institutions des catégories les plus défavorisées. Donc oui, j’ai marché. De plus, cela m’a permis de voir la puissance d’un collectif, les rapports que les gens peuvent développer entre eux. Le fait que ce soit un collectif de femme et que les gens se soient déplacés m’a touché. On aurait voulu qu’il y ait plus de gens qui croient en ces idéaux, plutôt que de croire que c’était une marche fermée, communautaire, ultra féministe. Au contraire, c’était une marche universelle. Je suis personnellement très contente de cette marche. Le collectif existe toujours et continue de se réunir.

Lire l’intégralité de l’entretien sur Un canard dans la marge.

Illustration : Un canard dans la marge


P.-S.

Cette interview est extraite d’un nouveau webzine tourangeau. Voici un extrait de leur texte de présentation :

Notre canard à nous, c’est un webzine et un journal né dans l’imagination de quatre jeunes tourangeaux et tourangelles aux centres d’intérêts différents mais partageant la volonté d’échanger et de témoigner. (...) . Ancré à Tours, nous souhaitons donner une visibilité aux acteurs et aux mobilisations culturelles, sociales et politiques locales. (...) .

Nous ne nous situons pas sur un terrain de concurrence avec les autres médias, mainstream ou alternatifs. (...) Un Canard dans la Marge existe aussi en version papier, distribuée à Tours.

Contact : uncanarddanslamarge@gmail.com
Lieux de distribution : (à venir)


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