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[Soirée CNP] Quand les médias parlent des quartiers

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Les quartiers populaires sont très souvent victimes de reportages à charge. Pour faire de l’audience, les clichés péjoratifs sont la règle, formatant les esprits de personnes qui vivent loin de ces lieux. En 2013, un reportage de l’émission « Envoyé Spécial » consacré au quartier de la Villeneuve à Grenoble avait fait polémique au point que les habitants avaient porté plainte contre France Télévision. A qui, à quoi profite cette stigmatisation systématique et comment en sortir ?

Soirée-débat le jeudi 4 mai 2017 à 20h aux cinémas Studio [1], avec la projection du documentaire «  La Villeneuve, l’utopie malgré tout  » et en présence de Balla Fofana, jeune journaliste à Libération.

«  La Villeneuve, l’utopie malgré tout  » de Vincent Massot et Flore Viénot (2015 – France – 52’) est un film en colère contre la stigmatisation, mais aussi constructif, pour une nouvelle relation entre médias et quartiers populaires [2]. Les auteurs de ce documentaire engagent tout le monde à se remettre en cause. D’abord les médias, car la « banlieue » ne peut pas rester cette zone qui fait de l’audience en faisant peur, mais aussi les habitants des quartiers populaires, qui doivent se mobiliser pour reconstruire l’image de leur quartier. A la Villeneuve, ce processus est en cours. Flore Viénot et Vincent Massot sont témoins de cette métamorphose qui pourrait servir ailleurs.

Balla Fofana est aujourd’hui journaliste à Libération. Dans son texte « J’ai le syndrome du survivant » [3]), il témoigne de son parcours singulier : le douloureux passage par les classes de perfectionnement en primaire, la découverte du goût et du talent d’écrire reconnus par l’instituteur, et le retour à un cursus « normal ».

« Fini la mauvaise réputation ! Je ne suis plus fou ! Maman respire. Des perles de soulagement cajolent ses joues. J’ai mon brevet, mon bac, ma licence et mon master. J’écris les rêveries du perf solitaire sur le Bondy Blog, dans Libé. On m’aperçoit sur France Ô, sur LCP. Dans les JT de TF1 on entend « reportage de Balla Fofana ». Je reviens de loin. L’école m’a sauvé. J’ai le syndrome du survivant. Cette histoire, c’est mon détroit de Gibraltar. Je l’ai franchi ! Parfois, je ris jaune. Beaucoup de camarades, perf et non perf, s’y sont noyés : Ibrahim, Conrad, Jérémie, « Pepito », Cédric P., Mamadou, Rudy… Je pense à vous. »


P.-S.

Pour aller plus loin sur cette thématique, voir aussi le riche dossier de l’association ACRIMED (ACtion.CRItiqueMEDIAS) : Les médias et les quartiers populaires.


Notes

[12 rue des Ursulines à Tours. Participation aux frais : 3,50 € (abonné-e-s) ou 4,50 € (non-abonné-e-s).

[2Voir la présentation du film sur Youtube.

[3Libération, octobre 2015, texte intégral ici

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