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schengen area is an open space

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Diaporama de l’exposition schengen area is an open space consacrée à la crise migratoire et présentée à Nîmes en juillet 2016.

La crise migratoire n’a pas commencé avec la mort du petit Aylan sur une plage turque, elle dure depuis 2010. A l’époque, Lampedusa et Ceuta, postes avancés de l’espace Schengen, subissaient les premiers assauts des migrants, avec des fortunes diverses : là, on ramassait les corps sur les plages, ici, on érigeait des barbelés. Les printemps arabes et la guerre en Syrie allaient accélérer le mouvement, avec les conséquences que l’on sait. L’attentisme des occidentaux dans la crise syrienne, leur refus d’intervenir après l’usage des armes chimiques par le régime, l’intervention américaine en Irak livrant le pays en proie aux luttes intestines... La liste est longue des petites lâchetés et des grands renoncements.

La lutte contre le terrorisme a peu à peu supplanté l’urgence humanitaire. Les événement de Cologne ont changé la donne, quand bien même seulement trois migrants étaient impliqués dans les violences de la Saint-Sylvestre. Les populistes européens en ont fait leur miel : l’identité européenne serait menacée par l’arrivée des migrants. Mais de quelle Europe parle-t-on ? Celle des droits de l’homme, du droit d’asile, et du devoir d’assistance ? En conséquence, l’espace Schengen, espace de libre circulation, se couture aujourd’hui de frontières.

Ironie du sort, les anciens pays de l’Est sont vent debout. Ceux-là mêmes que l’Europe accueillait à bras ouverts. Devait-on fermer la frontière entre l’Autriche et la RFA lorsque des centaines d’Allemands de l’Est s’y précipitaient en 1989 ? De toutes les déclarations des dirigeants européens, un mot manque cruellement : celui de compassion.

Cette exposition tente, à sa façon, d’énoncer quelques évidences :

  • La guerre n’est pas en Syrie, elle est à notre porte.
  • Les migrants ne sont pas des migrants, ce sont des réfugiés.
  • La crise des migrants n’est pas une crise, c’est une honte pour l’humanité.

Ce travail est né en réaction avec la publication de la photo du corps du petit Aylan sur une plage turque, et l’émotion à bon compte qu’elle a suscitée dans l’opinion publique. L’accord entre l’Union européenne et la Turquie en a été le déclencheur. Dès lors, il s’est agi de détourner les codes du marketing publicitaire pour réaliser cette série d’affiches, accompagnées de slogans qui claquent comme des coups de semonce, et porter un regard acéré sur le drame qui se noue en Méditerranée.

Parfois grinçant, souvent cruel, et pour autant, profondément humain, mon travail donne à voir une réalité sans fard, débarrassée de l’iconographie compassionnelle qui accompagne d’ordinaire ce sujet dans les médias. La sobriété des visuels, la simplicité des slogans qui résonnent comme des tautologies... tout concourt à interpeller le regardeur sans faux-fuyant, à le cerner dans son statut de citoyen du monde.

A leurs façons, symboliques ou prosaïques, ces visuels éclairent une réalité, afin d’amener le spectateur à une prise de conscience en prise directe avec l’état du monde dans lequel nous vivons.

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