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Restructuration du CHU : malgré les alertes des syndicats, le ministère approuve le projet

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Malgré la mobilisation des organisations syndicales de l’hôpital, qui dénoncent un risque de dégradation des conditions de travail et de la qualité des soins, le gouvernement a approuvé le projet de la direction du CHU.

La ministre est toute fière d’elle : « J’ai pesé de tout mon poids au niveau national » [1]. Son ministère a validé le projet de « modernisation » du CHU de Tours, qui prévoit un regroupement de la structure sur deux sites seulement.

Pourtant, depuis plus d’un mois, les salarié-es de l’hôpital se mobilisent pour dénoncer les conséquences de ce plan de restructuration, qui s’accompagnera de suppressions de postes et de lits. Dans son bulletin destiné au personnel, le syndicat SUD Santé Sociaux du CHU expliquait que ce projet s’accompagnerait d’environ 400 suppressions de postes et 300 suppressions de lits. Pour le syndicat, ce projet constitue « un recul majeur dans la qualité de la prise en charge et la qualité des conditions de travail ».

Bien sûr, Marisol Touraine n’a rien entendu de ces critiques, et ose même assurer que « les médecins, les personnels soignants [et] administratifs seront écoutés tout au long du processus ». Pourtant, la directrice générale du CHU, Marie-Noëlle Gérain-Breuzard, n’a jamais informé les instances représentatives du personnel sur le contenu du projet, et ce malgré de nombreuses interpellations. Dans une interview donnée à La Nouvelle République, la ministre semble parfaitement ignorer les nombreuses mobilisations de soignant-es et les critiques formulées à l’égard de sa « loi Santé ».

A travers les lignes, on sent bien que Marisol Touraine espère pouvoir mettre en avant son implication personnelle dans ce dossier pour appuyer sa prochaine candidature aux élections législatives, dans une circonscription qui englobe la commune de Chambray-lès-Tours, où se situe l’un des plus gros sites hospitaliers de l’agglomération :

« Ce projet de Tours me tenait particulièrement à cœur. (...) J’ai dû m’engager fortement auprès de l’hôpital et des politiques locaux pour faire converger les points de vue. Et j’ai pesé de tout mon poids au niveau national pour faire comprendre aux experts indépendants qu’on ne pouvait pas aller vers une réorganisation sur un seul site, à Trousseau. (...) Je veux porter un discours de fierté et de détermination pour le département et pour Tours. »

Heureusement, le score minable du candidat du PS à l’élection présidentielle peut laisser espérer que les électeur-ices ne seront pas dupes.



Notes

[1Voir La Nouvelle République du 26 avril 2017.