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Mort d’Angelo Garand : l’hypothèse d’un entraînement qui vire au meurtre

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Le 22 avril dernier, environ 200 personnes étaient réunies devant le tribunal de Blois pour réclamer la vérité concernant la mort d’Angelo Garand, abattu par les gendarmes le 30 mars dernier. D’après le journal Libération, l’intervention du GIGN à Seur aurait pu être décidée dans le cadre de l’entrainement de cette unité d’ « élite ».

Plus d’un mois après les faits, la famille d’Angelo Garand ne comprend toujours pas pourquoi des hommes cagoulés et armés jusqu’aux dents ont débarqué pour arrêter leur frère, avant de l’abattre à bout portant. Angelo n’était pas rentré à la prison de Vivonne après avoir obtenu une permission de sortie, mais il n’avait pas le profil d’un criminel dangereux. Alors pourquoi faire intervenir le GIGN ?

Une source policière, interrogée par un journaliste de Libération, avance l’hypothèse d’une intervention décidée dans le cadre de l’entraînement de l’antenne du GIGN basée dans l’agglomération tourangelle. Dans un article daté du 27 avril 2017, on peut lire :

La gendarmerie précise qu’il s’agit non pas du groupement national GIGN, mais d’une antenne, celle de Tours. Des hommes bien moins formés que leurs aînés.« La possibilité qu’il se soit agi d’un entraînement n’est pas à écarter », avance une source policière. En d’autres termes, les gendarmes auraient pu intervenir pour se faire la main entre deux missions, comme peuvent le faire d’autres compagnies d’élite.

L’épisode évoque une autre affaire, l’interpellation de deux hommes originaires de Tchétchénie à Orléans, en février 2005. Le Raid, unité spécialisée de la police, était intervenue avec cagoules et fusils d’assaut, en faisant exploser la serrure de la porte. Une intervention qui était apparue disproportionnée au regard du profil des deux hommes. Mais le chef du Raid s’en était expliqué, il s’agissait de se faire la main :

« Nos hommes sont mis à disposition de la Direction générale de la police nationale (DGPN) pour des interventions basiques. Nous vivons cela comme un entraînement entre deux missions lourdes. »

Tant pis pour les traumatismes, les blessures ou les décès : flics et gendarmes « d’élite » révisent leurs méthodes d’intervention sur de petits délinquants, même si cela doit coûter sa vie à l’homme servant de cible.

Illustration : entraînement d’un homme du GIGN