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La Palestine, entre faits accomplis et espoirs

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La coordination BDS 37, qui lutte pour la fin de l’occupation et de la colonisation des terres arabes, l’égalité complète pour les citoyens arabo-palestiniens d’Israël, et le respect du droit au retour des réfugiés palestiniens, commente trois événements survenus au mois de décembre 2016.

La Campagne internationale BDS (« boycott, désinvestissement, sanctions ») a remporté d’importants succès en 2016, dans beaucoup de pays. Israël craint les effets de cette campagne, conduite avec les mêmes objectifs que ceux de la campagne de boycott pour l’Afrique de Sud dans les années 90 : mettre fin à la situation d’apartheid et exiger la justice entre tous, préalable à la paix entre les peuples.

En Touraine, la coordination BDS37 a mené en 2016 des actions de sensibilisation sur des marchés, devant des magasins et devant les Universités. Il nous parait important de clore cette année 2016 en relatant et commentant trois évènements qui se sont déroulés dans le courant du mois de décembre 2016.

A Saint-Pierre-des-Corps, vote d’un vœu en faveur de la Palestine

Nous pouvons nous réjouir du vote d’un vœu par la municipalité de Saint-Pierre-des-Corps, appelant à « une paix juste et durable en Palestine » et en faveur de la campagne BDS. Ce vote a été obtenu le 21 décembre dernier, grâce à l’action conjuguée de quelques militants et aux votes unanimes des conseillers PC-PS-EELV-NPA. Que disent ces vœux, au-delà de la solidarité constante de la ville avec le peuple palestinien, exercée à travers notamment le jumelage avec la ville palestinienne d’Hébron et le soutien à la libération de Marwan Barghouti, député palestinien emprisonné ? Le 21 décembre dernier, le conseil municipal de Saint-Pierre-des-Corps a donc :

  • réaffirmé son soutien à la campagne BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) ;
  • condamné la campagne de criminalisation à l’encontre des militants BDS qui œuvrent pacifiquement et par des moyens légitimes, pour que soient respectés la législation et les conventions internationales, les droits de l’Homme et les droits fondamentaux des Palestiniens ;
  • souhaité exercer une veille particulière sur l’origine exacte des produits dont la provenance n’est pas clairement précisée, exigences auxquelles ne répondent pas les produits issus des colonies illégales ;
  • estimé par ailleurs que la France doit stopper toutes les importations de produits qui y sont fabriqués.

Vote d’une résolution par le conseil de sécurité de l’ONU

Le vote par le Conseil de sécurité de l’ONU d’une résolution (2334) apparait comme une bonne nouvelle : elle a pour premier effet de remettre la situation de la Palestine occupée à l’ordre du jour. Mais doit-on vraiment se réjouir ?

  • L’illégalité de la colonisation est clairement rappelée, mais en ciblant essentiellement les colonies établies depuis mars 2001. Certains passages de cette résolution appellent les États à cesser toute importation des produits des colonies illégales selon le droit international, mais on sait que très peu de pays utilisent ce droit (la France la première).
  • Il est également recommandé aux Palestiniens de coopérer en matière de sécurité, alors que leur pays est occupé militairement et colonisé…. Cherchons l’erreur… Les bases actuelles des négociations « sur la base des frontières de 1967 » préconisent d’aboutir à un État Palestinien … même si celui-ci se trouvait réduit à un bantoustan démilitarisé (après échanges de territoires) qui demeurerait sous contrôle militaire israélien… Quelle paix pour le peuple palestinien, sans indépendance, sans liberté, sans droits !
  • Il n’est pas non plus question dans toutes ces mesures de la pleine égalité des droits des Palestiniens vivant en Israël, pas plus que du droit au retour des réfugiés palestiniens chassés en 1948.
  • Et surtout, la résolution ne contient aucune disposition contraignante, aucune menace de sanction, après des dizaines de résolutions des Nations Unies ignorées depuis 1947 par l’État israélien.

Une nouvelle fois, Israël est mis au ban des nations sur le plan diplomatique, mais en l’absence de sanctions, cet État raciste est bien décidé à poursuivre son projet colonial.

Oui, après le vote de cette résolution, la campagne internationale BDS a gagné en légitimité aux yeux de tous, dans le monde et en France : la société civile a pris le relai d’une communauté internationale impuissante voire complice.

Profitons de ce vote qui isole internationalement Israël, pour développer la campagne BDS et ainsi sanctionner la politique israélienne. C’est aussi l’occasion de mettre en difficulté les piteuses tentatives de criminalisation de l’état français envers les militants BDS.

La Nouvelle République prend parti sur fond de « reportage »

Le 14 décembre dernier, la NR publiait sur une pleine page un article intitulé « Israël, un pays au-delà des idées reçues ». Pourquoi pas ? Mais on comprend vite que l’objectif premier de l’article est de présenter Israël sous la seule face qui brille, celle d’un pays idyllique, dans une démocratie exemplaire. Ainsi, dans le corps de cet article, les mots « Palestine-palestinien » et « colonie-colon » sont absents : est-ce possible, alors que les vies des Israéliens et des Palestiniens sont imbriquées dans un territoire réduit, alors qu’une situation d’apartheid existe en Cisjordanie (2,5 millions de Palestiniens sous occupation militaire), qu’Israël impose un blocus criminel aux 1,6 million de Gazaouis ? Pourquoi ignorer dans l’article les 600 000 colons israéliens qui vivent sur les terres palestiniennes (tout en parlant de produits agricoles « issus de vergers chargés de fruits ») ? Pourquoi en Israël dissimuler les différences de « statut » entre Israéliens palestiniens et Israéliens juifs, grâce à une cinquantaine de lois délibérément discriminatoires ?

Notre coordination BDS37 n’a pas été seule à réagir auprès de la rédaction de la NR, des militantes de Blois ont également protesté auprès de la même rédaction. A ce jour, la rédaction de la NR n’a pas donné suite à nos observations. Ne nous laissons pas berner.

Nous, militants tourangeaux de la coordination BDS 37, continuerons résolument à développer des actions BDS en 2017, en relation avec la campagne nationale (www.bdsfrance.org), tant qu’Israël ne respectera pas les nombreuses résolutions internationales à son encontre, dont cette dernière (2334) votée le 23 décembre dernier.

Coordination BDS37
coordination.bds37@gmail.com