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Foncier et agriculture : pourquoi nous sommes tous concernés

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Le foncier, l’accès à la terre et sa marchandisation... c’est quoi ? Quel impact sur notre assiette et l’avenir même de notre environnement ? Retour sur le forum entre habitants et paysans organisé à Tours le 18 mars dernier, et annonce d’un nouveau rendez-vous le 16 mai à 19h30.

Quand on parle de foncier, on parle d’agriculture, d’eau, d’environnement, d’alimentation, des générations futures… c’est un sujet qui concerne tout le monde, les paysans comme les habitants. C’est pourquoi la Confédération paysanne avait invité largement le 18 mars consommateurs, associations locales et toute personne intéressée par le sujet.

Quand on parle de foncier, on parle aussi de patrimoine, de retraite des paysans, de maisons de campagnes pour le week-end, de paysages de nos campagnes… C’est un sujet complexe, car il relève de choix individuels en lien avec des enjeux collectifs.

Ces derniers mois en Région Centre, des problèmes autour du foncier ont parfois fait la une des médias : accaparement de terres dans l’Indre, spéculation avec montée des prix de l’hectare dans le Lochois, stratégie de contournement des organismes de régulation. Il s’en passe des choses dans les campagnes… on en est témoin, on peut s’en indigner, pourquoi ne pas aller au-delà et agir ?

Quelques clés pour comprendre à travers le témoignage d’un participant :

« Il nous a été raconté quels sont les choix qui s’offrent à un-e paysan-ne qui part à la retraite pour transmettre sa ferme : vendre ? louer ? et à qui ? J’ai pu comprendre qu’il se retrouve face à une situation complexe, face à des dilemmes : vendre à un prix fort pour augmenter sa minuscule retraite ? Refuser de vendre à son voisin pour permettre l’installation d’un jeune venu d’ailleurs ? Accepter l’offre d’achat par un investisseur qui paie cash ou prendre le risque d’une location-vente à un paysan qui n’a pas encore de garantie financière ? etc.

A travers ce temps d’information, il m’est apparu que ces choix individuels sont également influencés, contraints par les logiques marchandes et les choix de politiques agricoles.

Aussi, nous avons évoqué les problématiques du foncier qui impactent au-delà du monde agricole : ce que l’on mange, le paysage, l’urbanisation… J’ai retenu quelques chiffres marquants :

  • la retraite moyenne d’un paysan est de 800 € ;
  • entre 2006 et 2010, la région Centre a perdu 6 640 hectares de terre agricole par an (urbanisation ou déprise agricole (zone naturelle ou zone de chasse), soit 12 000 terrains de foot !
  • en Touraine, il y avait 19 000 paysans en 1970, 11 000 en 1988, et 5800 en 2010. »

Des idées pour agir

La Confédération paysanne a exprimé clairement son envie de s’ouvrir aux non-paysan-nes pour agir avec elles et eux en parallèle des actions syndicales, ces dernières pouvant avoir des limites. Pour soutenir ses objectifs, des ateliers ont été proposés pour élaborer collectivement de nouvelles actions.

60 personnes (dont une vingtaine de paysan-es) ont participé aux travaux en cinq ateliers :

  • Rendre visible et compréhensible ce qu’il se passe sur la question foncière.
  • Dénoncer l’ampleur des phénomènes d’accaparement des terres agricoles (par accaparement on veut parler de leurs disparition en tant que terre agricole — par l’urbanisation ou par l’achat de terre pour du placement — mais aussi de l’agrandissement de certaines exploitations).
  • Sortir la terre d’un échange marchand privé, la terre n’est pas une marchandise ! Il faut donc arrêter la spéculation et considérer la terre comme un bien commun. La priorité est alors la souveraineté alimentaire.
  • Rapprocher celles et ceux qui mangent de celles et ceux qui produisent.

Après une heure et demie d’échange où la parole a bien circulé, des pistes d’action locales concrètes ont émergé et trois majeures ont été retenues :

  • Vulgariser la problématique du foncier afin qu’elle soit comprise et mesurée par tou-s-tes.
  • Trouver des solutions collectives pour l’achat de terre.
  • Inviter des acteurs ciblés (associations, écoles, parents d’élèves, naturalistes, cuisiniers…) pour leur proposer de travailler sur une politique agricole locale à petite échelle.

Prochain rendez-le mardi 16 mai à 19h30
à la maison de la Gloriette à Tours (61 avenue Pont-Cher)
pour poursuivre cette dynamique sur la terre agricole
et organiser des actions locales !



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