Comment j’ai appris que j’étais fiché « S »

Itinéraire d’un ennemi intérieur fiché "S" et qui n’a pas grand-chose à voir avec Daesh...

Fin des années 2000, je suis un jeune militant très naïf et surtout très révolté par le monde qui m’entoure. Je m’initie au militantisme radical, traîne sur les forums et les sites d’inspiration anarchiste. Mes pratiques sont pas vraiment structurées et ma ligne politique pas beaucoup plus... Évidemment à cette période, je ne sais rien de la sécurité internet, TOR n’existe pas, je parle au téléphone comme je peux et j’ai une adresse hotmail. Du pain béni donc pour Squarcini et sa bande... [1]

Il faut dire que nous sommes en pleine période de parano de la part de l’Etat. Alliot Marie et consorts sont persuadés que « l’ultra gauche » (pour reprendre le vocable de l’époque) est en phase de passer en clandestinité et de mener des actions. [2] On ne saura jamais s’ils y croyaient vraiment à ce compte ou s’il s’agissait d’une simple manœuvre policière. Mais « Ôh surprise » aucune action clandestine d’extrême gauche n’a eu lieu depuis et aucun groupe n’a pris d’armes contre l’Etat.

Et donc moi j’arrive peu ou prou dans le mouvement libertaire/ révolutionnaire à ce moment-là. J’ai pas de bol. Alors je commence à me former en parlant avec des gens, en discutant, en participant à des luttes sociales. À l’époque, j’étais beaucoup sur des thématiques anticarcérales. Je me suis aperçu plus tard qu’il s’agissait pour les flics d’un marqueur. Les gens qui militaient sur la prison étaient directement suspects.

La suite de l’article est à lire sur Paris Luttes Infos.

Notes

[1ancien directeur de la DCRI (nouvellement appelé DGSI). Un article à son sujet.