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Budget, îlot Vinci, don Cligman, guinguette : compte-rendu du conseil municipal du 20 mars

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Compte-rendu illustré et subjectif du conseil municipal de la ville de Tours du 20 mars 2017. Où il est aussi question de boules à neige Saint-Martin, du mépris du maire pour les quartiers populaires, et de l’installation de nouvelles caméras de vidéosurveillance.

La séance démarre. Tous les points ne seront pas traités. Les précédents épisodes sont à lire ici.

Pierre Commandeur (groupe Tours2020, PS et apparentés) se plaint des conditions de préparation du conseil municipal : l’opposition n’aurait eu que peu de temps pour prendre connaissance des documents budgétaires et proposer des amendements.

Suite à une remarque de Pierre Texier (Groupe Communiste), le maire annonce que les délibérations 3 et 4, portant sur la donation Cligman, sont retirées.

M. le Maire

2. SAEM Tours Événements

La mairie souhaite changer le mode de gouvernance de la structure, qui gère le centre des congrès et le parc des expositions. Emmanuel Denis (EELV) s’étonne que le patron de Tours Événements règle ses compte avec la presse et les élus dans Le Journal de Tours Événements. Et en effet, le quotidien La Nouvelle République se fait cartonner, c’est à lire ici. Denis Schwok laisse carrément entendre que le mauvais traitement dont sa structure fait l’objet serait lié au « retrait de la publicité de Tours événements à La Nouvelle République – pour un montant annuel de 250 000 € ».

Emmanuel Denis déplore ensuite que l’accueil du Salon de l’érotisme donne lieu à la multiplication d’affiches sexistes dans les rues de Tours, en format 4x4 :

« C’est une image dégradante et déplorable de la femme (…) On peut avoir de la promotion, je suis pas contre… Si y en a que ça excite d’aller à ce genre de truc, pourquoi pas, mais franchement, avoir des 4x4 en ville… (…) Si on pouvait s’épargner ça aussi, je pense que ça serait quelque chose d’intéressant. »

Sur le salon de l’érotisme, le maire répond : « Il fallait faire la remarque à ceux qui l’ont mis en place. On a en tête tous le nom de l’adjoint que ça semblait beaucoup amuser à l’époque ». Puis Babary évoque la mémoire de Jean Royer, qui s’est traîné le surnom de « Père la pudeur » pendant toute sa carrière politique.

3. Convention cadre portant sur le don d’œuvres d’art à l’État, le financement et la réalisation de travaux de réaménagement du château de Tours – Département d’art moderne Martine et Léon Cligman

Le maire supprime cette délibération et la suivante pour tenir compte de questions relatives à l’organisation du don proposé par le couple Cligman. Il explique qu’il a récemment reçu un texte relatif au statut d’un fonds de dotation, qui n’avait jamais été évoqué précédemment, et qui oblige à remettre les choses à plat. La signature de la convention entre l’État, la Ville et les donateurs est repoussée.

Le maire annonce qu’il n’y a pas lieu de discuter sur le sujet, puisque les délibérations sont supprimées, mais il donne quand même la parole à différents élus. En réponse à une intervention de Nicolas Gautreau (PS) concernant la convention avec le Jeu de Paume, le maire se plaint de la multiplication des rumeurs alors que rien n’est signé. « La signature n’est pas faite, et on va remettre à plat la discussion. Donc tout est possible. » Mais pour le maire, ça reste une « chance historique » pour la ville, « une donation de grande qualité ». Babary est exaspéré par les gens qui ont un esprit négatif et qui gâchent tout. Il a toujours en travers de la gorge l’échec de son projet d’extension dans le jardin du musée des Beaux-Arts :

« Il y a quand même des gens qui se sont opposés à ça, et qui ont très bonne conscience à l’heure qu’il est, et qui se régalent même de nos difficultés. »

Miam.

Le maire explique aussi qu’il lit sur Facebook des « trucs » qui l’insupportent :

« J’ai lu sur Facebook qu’on me faisait grief de ne pas installer une tour près de l’ilôt Vinci, parce qu’à Toulouse on avait une tour fait (sic) par M. Journo. Il se trouve que, à la même minute, j’étais sur le stand de la ville de Toulouse avec mon ami Jean-Luc Moudenc qui est le maire de Toulouse, et en photo avec M. Philippe Journo qui est le promoteur. Et il se trouve que ce promoteur c’est celui qui va travailler sur l’îlot Vinci. Mais je peux pas répondre (…) parce que disant cela aujourd’hui même je risque de faire capoter le projet. »

Journo, c’est aussi le promoteur immobilier à l’origine de « Ma petite Madelaine », ce centre commercial de Chambray-lès-Tours qui a été présenté au public comme « super-environnemental » et « révolutionnaire ». A la veille de l’inauguration de ce centre, des contrôles sur le chantier avaient « mis à jour un recours abusif au statut de travail détaché » d’après un communiqué de la préfecture. On ne peut pas dire qu’on soit ravi de voir ce Journo prendre en main l’îlot Vinci, ce petit ensemble d’immeubles situé à côté de l’arrêt de tram « Gare de Tours », vu son bilan sur l’agglomération. Concernant son projet à Toulouse, un article du site IAATA nous apprend que la tour projetée, qui se situerait également à proximité de la gare, comprendrait notamment un hôtel Hilton sur 6 000 m2. Si ça vous fait penser au projet du Haut de la rue Nationale, c’est normal.

Babary poursuit, à propos de l’installation d’une tour près de la gare :

« Je vous le dis, c’est le même promoteur [qu’à Toulouse]. Mais il ne pourra sans doute pas faire une tour de 60 étages, ou de 150 mètres – parce qu’elle fait 150 mètres celle-là – parce qu’on a un architecte des bâtiments de France. »

Il semble presque le regretter…

Finances et commande publique

Les comptes de gestion sont approuvés sans discussion. Vraiment pas le courage de couvrir toute la discussion… Pour le budget 2017 de la ville, voir cet article de 37 degrés.

Sur le volet « sécurité, tranquillité publique », l’adjoint Olivier Lebreton annonce la réfection du chenil et l’acquisition de deux chiens… Mais également l’achat de 22 gilets pare-balles, 4 VTT et 5 casques équestres. Niveau vidéosurveillance, compter 7 500 euros pour des caméras à l’intérieur de la mairie. Rappelons que suite au vol de munitions dans les locaux de la police municipale, il aurait été décidé d’y installer une caméra : ils ne peuvent même pas se faire confiance entre eux… Lebreton annonce surtout l’installation de nouvelles caméras de vidéosurveillance dans la ville :

« On continue comme l’année dernière : déploiement de la vidéosurveillance de la ville de Tours. On projette d’en installer encore au moins une quinzaine de vidéos (sic) pour cette année, dans des secteurs qui sont définis, mais j’en parlerai à la prochaine commission sécurité. »

Plus de fausse pudeur, il a abandonné le terme « vidéoprotection » et parle bien de surveillance. Le coût de ces nouvelles caméras : 145 000 euros. Olivier « Big Brother » Lebreton poursuit :

 « Il y a trois ans, il y avait une petite trentaine de réquisitions judiciaires. En 2016, nous en sommes arrivés à plus de 100. Donc pour vous montrer quelque part l’impact de la vidéosurveillance sur la ville de Tours, non pas parce que la délinquance grandit mais parce que le rapport police nationale, police municipale, et les services de la justice fait que la confiance est là. Et donc c’est quand même important d’avoir augmenté de quasiment 130 % ou 140 % le nombre de réquisitions judiciaires. Donc ça c’est très positif. »

Évidemment, ce propos est stupide. Le nombre de réquisitions ne dit rien de l’impact de la vidéosurveillance. Il indique simplement que des actes faisant l’objet de poursuites judiciaires se sont déroulés à proximité des caméras installées. La vidéosurveillance peut très bien s’être révélée parfaitement inutile. Rappelons aussi que ces réquisitions peuvent être présentées pour des faits relevant simplement du tribunal de police.

Christine Beuzelin enchaîne sur la culture. Il est question d’une « évolution du site web tours.fr » pour un coût de 10 000 euros, mais c’est mis en lien avec la salle Villeret, donc c’est pas très clair. Ce qui est sûr, c’est que le site de la mairie a fait peau neuve. En 2015, la ville avait déjà dépensé 35 000 euros pour la refonte de son site (voir le compte-rendu du conseil municipal du 12 octobre). Plus loin, Beuzelin explique que Tour(s)plus filera 573 430 euros pour le fonctionnement du CCCOD en 2017.

Pour le rayonnement, Bouchet annonce 25 000 euros de travaux d’aménagement des bords de Loire pour la guinguette. On ne sait pas si ça fera plus plaisir aux gentils associatifs du Petit Monde ou aux vilains capitalistes de Kwamti (c’est une blague, vous fâchez pas). Le projet d’auberge de jeunesse « prend forme », Tour(s)plus devrait lâcher 2,3 millions d’euros sur ce dossier.

On vous épargne le détail donné par chaque adjoint, sachez que dans la vidéo du conseil municipal, ça commence aux alentours de 2h20 pour se terminer vers 3h30.

Il y a ensuite des échanges entre l’opposition et la majorité. On se rend compte que Nicolas Gautreau parle beaucoup avec les mains.

Le maire le remercie « pour ses éternelles leçons » qui « font rire tout le monde ». Puis s’énerve, expliquant que « les Tourangeaux sont las » de l’entendre toujours rabâcher les mêmes choses. Il passe ensuite la parole à Monique Maupuy, qui provoque l’hilarité de toute la majorité en déclarant : « Vous ne pouvez pas nous dire que nous ignorions le swap » (l’emprunt toxique contracté par la ville). Elle comprend pas trop pourquoi tout le monde se fout de sa gueule, mais heureusement Gautreau lui apporte tout son soutien :

Le maire reprend la parole et s’énerve :

Son attachée de presse aussi semble excédée :

Nadia Hamoudi évoque le renouvellement urbain au Sanitas, et notamment la démolition prévue de plus de 400 logements sociaux. Le maire l’accuse une nouvelle fois de faire peur à la population, et se plaint par avance de possibles manifs place Jean Jaurès. Il annonce qu’une réunion du comité de pilotage est prévue début avril. On repart ensuite sur des échanges assez stériles sur la baisse des subventions aux associations, la baisse des dotations de l’État, etc.

On passe aux points suivants, mais les échanges sur le thème du budget ont encore duré deux bonnes heures.

21. Tarifs municipaux 2017 – Créations et modifications

Il est question de « boules à neige St Martin », vendues 10 euros l’unité. Des boules à neige estampillées « Saint-Martin »… Ces gens n’ont aucune limite. Et apparemment, il est nécessaire d’instaurer un tarif de vente pour un lot de 50 unités.

Gautreau repart sur les tarifs de location des salles municipales. Pour une fois, la discussion sur ce thème se déroule sans éclats de voix. Sûrement l’heure tardive.

22. Attribution de subventions 2017

Nadia Hamoudi relève que la subvention versée au Centre communal d’action sociale (CCAS) est en baisse pour la troisième année consécutive. La liste de subventions est longue comme le bras. Par secteur, ça donne :

  • ACTIVITES CULTURELLES : 1 094 350.00 €
  • ANCIENS COMBATTANTS / CEREMONIES PATRIOTIQUES : 21 250.00 €
  • ARTISANAT-COMMERCE : 45 500.00 €
  • C.C.A.S. : 5 071 500.00 €
  • EMPLOI : 168 662.00 €
  • ENVIRONNEMENT Economie Sociale & Solidaire : 8 500.00 €
  • FORMATION : 14 400.00 €
  • HANDICAPES : 26 574.00 €
  • PARCS ET JARDINS : 3 900.00 €
  • PATRIMOINE : 22 816.00 €
  • PERSONNEL (MUNICIPAL ) : 492 282.00 €
  • RELATIONS INTERNATIONALES : 44 897.50 €
  • SANTE : 15 700.00 €
  • SECURITE POLICE INTEGRATION : 20 600.00 €
  • SECURITE ROUTIERE : 5 000.00 €
  • SOCIO-EDUCATIF (opérateurs) : 618 000.00 €
  • SOCIO-EDUCATIF (PATRO) : 50 900.00 €
  • SOLIDARITE : 141 650.00 €
  • SPORTS : 1 031 134.00 €

Dans la catégorie SPORTS, on peut noter que le comité d’organisation des 20 km de Tours récupère 47 500 euros. Or, derrière cette association, on retrouve le groupe La Nouvelle République, comme l’expliquait
l’article 10 et 20 km de Tours : les généreuses subventions des élus à La Nouvelle République. Un joli coup de pouce.

31. Tours sur Loire 2017 – Demande de fonds de concours auprès de la communauté urbaine de Tours

Bouchet rappelle que l’animation de la guinguette fait l’objet de deux marchés différents, qui ont été renouvelés cette année après appel d’offre : le volet commercial est confié à l’entreprise Kwamti, le volet animation est confié au Petit Monde. Derrière les deux entités, on trouve les mêmes personnes, mais Bouchet est pudique et oublie de le mentionner.

Les dépenses pour 2017 s’élèvent à 285 388 euros, répartis comme suit :

  • programmation et animations : 225 388 € ;
  • communication : 25 000 € ;
  • aménagements du site : 35 000 €.

Pour les recettes, la mairie prélèvera une redevance de 60 000 euros sur le chiffre d’affaires du bar et du restaurant, et réclame à la Communauté urbaine Tour(s)plus une participation à hauteur de 80 000 euros. Part restant à la charge de la Ville : environ 145 388 euros. Vivement la réouverture !

34. Politique de la ville – Présentation du rapport 2016 de mise en œuvre de la politique de la ville

Chérifa Zazoua-Khames se contente de lire le texte de la délibération. On apprend qu’ « un nombre significatif d’actions a été conduit sur les quartiers pour favoriser le vivre ensemble, lutter contre le décrochage scolaire, soutenir la parentalité, promouvoir la santé (...) ». Mais que certains sujets ont été moins investis, « comme la lutte contre les discriminations » – en fait, une élue d’opposition soulignera plus loin qu’aucune action n’a été menée sur ce thème. Faudrait pourtant penser à former la BAC de Tours, qui pratique allègrement le contrôle au faciès.

On apprend aussi que tous les conseils citoyens ont été constitués. C’est bien joli sur le papier, mais dans la réalité la mairie se passe bien de l’avis des habitants quand elle entreprend de transformer leurs quartiers.

33. Politique de la ville – Première tranche du programme d’actions 2017 du contrat de ville

C’est encore Zazoua-Khames qui s’y colle. Elle liste les actions à mener. Puis évoque le « fonds d’initiative citoyen, avec lequel des projets peuvent être réalisés en accord avec le conseil citoyen du quartier ». Et là, on entend le maire, qui n’a pas coupé son micro, ironiser sur le sujet :

 « Oh ben ça va ! Si c’est des projets citoyens avec les conseils citoyens... »

Et plus loin :

« On va lancer une démarche citoyenne avec les conseils citoyens. Tout est dit ! Il va rien se passer. »

Et tout cela pendant que l’adjointe continue à lire sa délibération. L’occasion de prendre la mesure du mépris avec lequel Serge Babary apprécie les questions de participation et les initiatives qui pourraient être menées par les habitants des quartiers populaires.

N’empêche, le maire s’inquiète de l’organisation d’actions de lutte contre les discriminations, qui faisaient défaut en 2016. L’adjointe répond qu’il est bien prévu de progresser dans ce domaine. En même temps vu qu’ils partent de zéro ça devrait pas être trop difficile.

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Les débats se poursuivent sous le regard attentif du chef de la police

On vous passe les points suivants, qui portent sur les horaires d’ouverture de la halte-garderie des Halles, ou le projet de plan local d’urbanisme de la ville de La Riche. De toute façon il n’y a pas beaucoup de discussion sur ces points. Pas de question non plus sur le « compte-rendu de monsieur le maire sur les actes accomplis en exécution de la délégation d’attributions du conseil municipal ». Et pourtant, la « vente d’un chien » inscrite dans le secteur « finances – régies – tarifs – cessions » aurait certainement pu donner lieu à de passionnants échanges. Le prochain conseil municipal aura lieu le 15 mai. Au bout de 8h13 de débats, le maire lève la séance. Repos.